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Un garçon d'Italie (Philippe Besson)

 

Triptyque amoureux

Luca, un jeune Florentin retrouvé mort dans l'Arno, assiste à sa manière, c'est à dire de l'au-delà, au désarroi d'Anna l'officielle et de Léo le prostitué, les deux êtres les plus importants de feu son existence qui ne se sont jamais rencontrés. Et pour cause. Trois points de vue sur la même histoire.

"Ils raconteront un histoire et nous en aurons vécu une autre"

Quelle belle idée de faire parler un homme qui n'est plus là. Ses émotions bien vivantes et celles de ses deux amoureux sont évoquées avec la délicatesse habituelle de l'auteur par quelques mots bien posés qui disent l'amour, le désir, la tristesse, la stupéfaction, la colère, la honte, le détachement et j'en passe. 

Un roman de l'été qui est passé tout seul, un chinotto à la main.  

Pocket - page 127

Ils vont accéder à l'envers du décor. Ils constateront que je n'étais pas seulement ce jeune homme éblouissant, admirable qui les arrangeait tant, cet être rêveur et charmeur qui les attendrissait. Ils s'approcheront de mes ombres, de mes reflets troubles. Ils crieront à la vilenie, à la trahison. Ils ne songeront pas une seconde que tout ceci est la même personne, et forme un tout. Et qu'il n'y a pas à s'offusquer, s'ils acceptent de dépasser la honte et la hargne que je ne manquerai pas de leur inspirer.

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