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Articles

Affichage des articles du 2008

Les charmes discrets de la vie conjugale - Douglas Kennedy

Le roman de Douglas Kennedy Les désarrois de Ned Allen m'a donné envie d'approfondir l'oeuvre de cet auteur américain à succès. Les charmes discrets de la vie conjugale est encore mieux. Je trouve la traduction française du titre anglais ('State of the union') excellente car très ironique. L'héroïne, une jeune femme plutôt conformiste par rapport à ses parents, épouse assez jeune un médecin et entame une vie rangée. Elle assiste, impuissante, à sa descente dans l'enfer des affres conjugaux, familiaux, communautaires et même médiatiques sur fond de tension politique entre libéralisme et conservatisme. A mes yeux, c'est une critique acerbe de la société américaine des années Bush et une belle réflexion sur la vie et ses choix. Du début à la fin, je suis resté scotché à l'intrigue. C'est un roman passionnant écrit d'une plume fluide et qui fait mouche.

Les cerfs volants de Kaboul - Khaled Hosseini

Amir, petit Afghan de Kaboul, a grandi avec le fils du domestique de la maison, Hassan. Par la faute d'Amir, les deux frères de lait vont être séparés. Près de 25 ans après, il va tenter de se racheter comme il peut, en retournant dans son pays qu'il a dû fuir. Ce livre, qu'on m'a vivement conseillé de lire, est une belle découverte. C'est une histoire touchante d'enfance, de loyauté, de trahison et enfin de rédemption dans l'Afghanistan au temps de la paix puis dans celui, terrible et dévasté, des talibans. C'est tout simplement beau et tragique, mais aussi très instructif sur la géopolitique de cette partie du monde, et enfin excessivement bien écrit. A lire absolument.

Le fait du prince - Amélie Nothomb

  Traditionnellement, le dernier Amélie Nothomb sort en librairie à la rentrée de septembre. Comme je l'ai dit dans mes précédents billets sur ses romans, je suis souvent plus fan de ses qualités d'écriture que de l'histoire à proprement parler. Dans Le fait du prince , ça se confirme à nouveau. Un homme, chez qui un inconnu a le mauvais goût de mourir, prend l'identité de celui-ci. Il rencontre donc alors sa nouvelle épouse ... Le sujet et les situations sont souvent absurdes mais on s'en fiche, c'est la marque de fabrique de l'écrivaine. J'ai vraiment beaucoup apprécié la première partie du roman car, pour une fois, un suspense s'installe, le héros (et donc le lecteur) se demandant dans quoi il s'embarque. Opportunité ou complot ? Du coup, la fin tombe carrément à plat, sacrifiée sur l'autel de l'absurde. C'est dommage ! Mais bon, c'est tout de même un plaisir de lire la plume légère et drolatique de Miss Nothomb

Laurent le magnifique - Jack Lang

Pour mon voyage en Toscane, m'a été offert la biographie de Laurent de Médicis, figure politique la plus marquante de la Renaissance florentine. Dirigeant, de facto, de la république de Florence au 15ème siècle, outre ses talents politiques, il est particulièrement resté dans les mémoires pour avoir eu l'intelligence de soutenir des artistes, tels Léonard de Vinci, Boticelli, Michel-Ange ou Verrocchio, et de faire de Florence la ville des Arts telle qu'on la connait. Intéressant donc ... sauf que je n'ai pas du tout aimé le bouquin de Jack Lang. Dès le début, le style d'un écrivain qui "s'écoute écrire" m'a profondément ennuyé. J'ai le sentiment qu'il est destiné à ceux qui connaissent déjà assez bien la Renaissance italienne. Pas assez de vulgarisation, peu de chronologie (chapitres par thème), un contexte historique peu explicité, j'ai vécu ça comme une analyse ampoulée des politiques culturelle, diplomatique et f

Ensemble, c'est tout - Anna Gavalda

On m'a offert ce livre que je n'aurais peut-être pas eu l'idée de lire car j'avais vu le film qui en est tiré. J'avais aimé mais sans plus. Le roman est une belle surprise. Il contient plus de détails et de psychologie que le film. L'écriture simple et directe faite de dialogues plus vrais que nature, nous attache à ces trois personnages, Camille, Franck et Philibert, solitaires déphasés au cadre social et familial brisé, qui se rencontrent et ne se lâchent plus. Ils se reconstruisent ensemble, c'est tout. Ca finit bien, ça fait du bien !!

La fille qui marchait sur l'eau - Siddhart Dhanvant Shangvi

Une autre lecture de mon été : 'La fille qui marchait sur l'eau'. Une saga familiale dramatique et fataliste dans l'Inde du début du 20ème siècle, à la forme très surprenante pour le lecteur non initié que je suis. L'auteur délivre une écriture poétique, flamboyante et fantasmée à l'image de cette déclaration tirée du livre : "Moi, je ne mens jamais ! J'invente simplement la vérité telle qu'elle voudrait être". Une très belle plume donc, mais qui a pu me paraître pompeuse parfois. Le côté très bollywoodien est, par contre, constamment cassé par un propos moderne et libéral, de par les idées véhiculées, et surtout par quelques scènes érotiques voir carrément osées qui dénotent avec le romantisme ambiant. J'ai plutôt apprécié ma lecture grâce à sa forme particulière mais je n'ai pas été transporté comme j'aurais voulu l'être.

Il était un piano noir ... mémoires interrompus - Barbara

Sur les plages de Marseille, j'ai bouquiné les mémoires interrompus de la chanteuse Barbara. Elle avait commencé à les écrire depuis quelques mois lorsqu'elle est décédée en novembre 1997. J'avais envie d'en savoir plus sur celle qui a chanté de bien belles chansons touchantes comme "Nantes" ou "Drouot". C'est un beau et sensible témoignage simplement et joliment écrit, notamment quand elle évoque son enfance. Elle nous dévoile de belles anecdotes qu'on aurait peut-être jamais sues si elle ne les avait pas couchées sur le papier. On ne peut que regretter qu'elle soit partie avant de finir son autobiographie. Cela m'a donné envie de lire une biographie complète, documentée et plus objective. 

Les désarrois de Ned Allen - Douglas Kennedy

Grâce à un ami, j'ai lu un roman que je n'aurais probablement jamais lu s'il ne me l'avait offert : "Les désarrois de Ned Allen". Les deux premiers tiers du bouquin raconte la grandeur et la décadence d'un cadre supérieur commercial ambitieux qui, malgré son éthique personnelle et professionnelle, se retrouve sans qu'il n'y puisse rien seul et sans travail. Puis soudain cette satire sociale divertissante bascule dans le polar, le héros faisant l'ultime mauvaise rencontre et se retrouvant réellement en mauvaise posture. Ce roman, raconté à la première personne du singulier, est une vraie réussite. On suit, sans pouvoir s'arrêter, la progression des mésaventures jubilatoires de Ned Allen en se demandant où elles vont s'arrêter, justement, et en prenant fait et cause pour lui car il nous est grandement sympathique. Je conseille.

Cézanne - Bernard Fauconnier

J'ai toujours eu une prédilection pour Paul Cézanne, un coup de coeur pour ses peintures exposées dans les musées du monde entier. Sans connaitre grand chose à l'art pictural, ses compositions et leurs couleurs me touchent. J'en suis venu donc à lire avec grand intérêt sa biographie écrite par Bernard Fauconnier dans la collection Folio biographies. C'est intéressant de lire combien ce fils de bourgeois aixois a fait figure, la quasi-totalité de sa vie, d'artiste maudit voire raté. Il fit partie du courant des impressionnistes avant de rapidement prendre, dans sa volonté constructive, sa propre route personnelle. Il est maintenant considéré comme un précurseur des grands courants du 20ème siècle. Presque malgré lui, grâce à quelques admirateurs visionnaires, il connut plus de succès à la fin de sa vie d'ours peu sociable. Après sa mort, il devint la légende qu'on connait. Ce n'est malheureusement pas développé dans cette biographie

Péplum - Amélie Nothomb

J'ai récemment lu Péplum d'Amélie Nothomb, livre court et assez original. Il s'agit, du début à la fin, d'un dialogue entre l'écrivaine et un scientifique/haut-dignitaire vivant en 2580, année où elle a été propulsée le temps d'une opération chirurgicale. Pourquoi ? Parce qu'elle est coupable d'avoir deviné que l'ensevelissement de Pompeï par l'éruption du Vésuve n'était pas dû au hasard. Elle a été provoquée par la main de l'homme comme cadeau aux archéologues du futur. Tout un programme ! Beau duel verbal que j'ai lu avec plaisir grâce à l'écriture facile et spirituelle d'Amélie Nothomb.

Millénium : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette - Stieg Larsson

Je viens de finir le deuxième opus de la trilogie Millénium. Dans ce polar sur le thème de l'exploitation sexuelle des femmes, Lisbeth Salander vole la vedette à Mikael Blomkvist qui devient ainsi un personnage quasi-secondaire. A mon grand plaisir car le personnage de Lisbeth, jeune femme à la personnalité indéniablement particulière, est fascinante. J'ai remarqué que ce sont les passages la mettant en scène qui me captivait particulièrement, ses faits et gestes étant relatés largement par l'écriture à la fois simple et hyper descriptive de l'auteur. L'intrigue elle-même m'a un peu moins botté que celle du premier tome, mais j'ai passé un excellent moment à lire cette histoire qui reste haletante jusqu'à la dernière ligne. Stieg Larsson nous mène encore une fois vers un épilogue différent de ce que le début pourrait laisser présager.

Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel - Pierre Seel

Ce livre est écrit, vers la fin de sa vie, par un alsacien, Pierre Seel, qui a été enfermé une dizaine de mois dans un camp nazi parce qu'il était fiché comme homosexuel dans les registres de la police française. Il y a subi tortures et humiliations et a assisté à l'exécution arbitraire et cruelle de son ami par des geôliers pervers. Finalement libéré pour bonne conduite, il doit combattre en tant qu'alsacien dans l'armée allemande. Il survit même à une capture par l'armée russe. Une fois la guerre terminée, son calvaire n'est pas terminé car miné par ces épreuves et le regard de la société, il se cache, se marie et fait son propre malheur. C'est un témoignage, parfois un peu maladroit, mais bouleversant.

George Sand la somnambule - Hortense Dufour

  Je ne connaissais à peu près rien de George Sand, à part le titre de deux ou trois de ses romans et sa réputation de femme de caractère habillée à la garçonne. Hortense Dufour nous propose une biographie bien écrite de cette grande romancière du 19ème siècle. C'était une femme à l'écriture très prolixe (elle écrivait la nuit) et en avance sur son temps. Moderne, elle avait du caractère et s'est souvent engagée dans les changements politiques de son temps. Après une enfance difficile et un mariage conventionnel, elle décide de s'affranchir de son mari et de vivre de son écriture, ce qui était exceptionnel et courageux pour une femme de son époque. Grande amoureuse, elle noue quelques relations passionnées et tumultueuses, la plus connue étant celle avec Alfred de Musset. Elle eut aussi une vie de famille pas toujours facile tout en appréciant au maximum les bons moments. Certains passages sont très agréables à lire, notamment ceux qui nous font bien

Millénium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

Tout le monde lit cette trilogie en ce moment donc je ne vais pas être original. Pourtant voici un très bon polar même si je suis loin d'être accro au genre. Un journaliste économique, droit et sympathique mais au creux de la vague, accepte sans y croire d'enquêter sur un meurtre perpétré dans les années soixante. Il ne sait pas encore où il met les pieds... J'ai eu quelques doutes au début car le roman commence sur fond d'affaires financières moyennement engageantes, mais il vire vite à l'enquête à la Agatha Christie, pour finir en polar limite gore. L'histoire se passe en Suède, pays où mes lectures vont rarement. Cela rend le livre un peu exotique à mes yeux. J'ai trouvé aussi très intéressant le personnage de Lisbeth Salander, jeune femme marginale et très intelligente, qui aide à sa façon le héros. Excellente lecture. Difficile de s'arrêter après avoir commencé. Je lirai, c'est sûr, les tomes 2 et 3 de "Millénium" dès

Hommes entre eux (Jean-Paul Dubois)

Dans Hommes entre eux , on est plongé dans l'intimité de deux hommes qui ne sont en rien faits pour se rencontrer mais qui verront leurs destins se téléscoper car ils ont aimé la même femme, Anna, à la fois absente et omniprésente. C'est très bien écrit et je l'ai lu ce roman avec un plaisir évident, entre autres en raison du fait que l'intrigue se déroule en plein hiver canadien et que les impressions sur les paysages et sur les sentiments immédiats de ces deux hommes un peu autistes sont très bien rendus. Pourtant la fin ne m'a pas plu. Elle m'a paru trop radicale et avec un déficit d'explications.