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Articles

Affichage des articles du mars, 2024

Tous les hommes sont des causes perdues (Mabrouck Rachedi)

Les femmes ... idem Adam et Sofia s'aiment d'un amour très banal et en même temps miraculeux puisqu'il s'agit du leur. Leur rencontre ne va pas de soi. On le sait car on est plongé dans leurs pensées au gré des chapitres, d'abord beaucoup lui et ensuite elle. Il peut y avoir un abîme entre ce qu’on pense être et ce qu’on paraît aux yeux de l’autre. Nos tourtereaux son pétris de doutes, enfin … surtout lui dont l'insécurité ressurgit soudainement à la suite d’une remarque anodine de sa compagne. Difficile de catégoriser ce roman de Mabrouck Rachedi, subtil mélange entre humour, satire sociale, regard aiguisé sur notre époque, drame sentimental et existentiel. Rire, émotion, tendresse, tristesse ... le lecteur traversent pas mal de sensations et sentiments. De mon côté, malgré un épilogue troublant, c'est la légèreté et l'érudition des réflexions et réparties des protagonistes qui dominent mon esprit quelques jours après avoir terminé la lecture. Tous les

Désenchantées (Marie Vareille)

  Nager dans les eaux troubles Dans un village côtier du Pas-de-Calais, Sarah, 16 ans, a disparu au tout début des années 2000. À l’époque, l’affaire a fait grand bruit et un homme a été  condamné. Plus de vingt ans après, Fanny retourne au pays pour l’enterrement de sa mère. Elle doit aussi enfin revoir sa sœur Angélique qui était la meilleure amie de Sarah … Je suis entré instantanément et facilement dans l’histoire de Sarah, Angélique, Fanny et les autres grâce à l'écriture fluide et tendre de Marie Vareille. À part quelques figures masculines secondaires peu glorieuses, les femmes sont à l’honneur et font preuve d'un remarquable sens de l'amitié et de la sororité. Une lecture vraiment très agréable. Je vais être hors sujet car la trame est construite autour d'une tragédie mais ce roman m’a personnellement ramené à l'enfance que j’ai eu la chance de connaître sans drame majeur. Elle est un temps où le temps n'existe pas complètement. Il s'étire à l'in

Le dernier rivage (Nevil Shute)

Extinction sans rébellion 1963. Une guerre nucléaire éclair a anéanti l'hémisphère nord. L'Australie est l'un des derniers rivages qui n'est pas encore atteint par le nuage radioactif qui s’étend inexorablement. Ce n'est plus qu'une question de temps. Un sous-marin américain, dorénavant basé à Melbourne, part en exploration vers le nord pour constater l'étendue des dégâts. Malgré le pitch, le roman n'est pas un roman de guerre ou un thriller, même si bien sûr le suspense n'est pas absent, puisque le lecteur comme la poignée de personnages du roman a l'espoir malgré lui qu'il y ait une porte de sortie. On est davantage dans un récit psychologique et intimiste. Ni héros ni salaud. Chacun face à sa propre fin. Au premier abord, ce livre est perturbant. Il m'a fallu du temps pour consentir à l'écriture simple, froide et sans style telle qu'elle m'apparaissait. J'ai cru au début que c'était parce que le roman date des année