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Articles

Affichage des articles du août, 2020

Face au vent (Jim Lynch)

Prendre le voile Chez les Johannssen, la voile est une histoire de famille. Chez le père, c'est presque obsessionnel. Sa femme et ses enfants adhèrent mais suivent le rythme sans réellement avoir le choix. Chacun d'entre eux en retire pourtant ce qu'il veut selon son caractère et ses aptitudes. Josh, narrateur et deuxième de la fratrie, soi-disant le moins ambitieux, aime certes naviguer mais surtout bricoler les voiliers, particulièrement ceux des autres. Sa manière à lui d'aider son prochain, de participer à la marche du monde ... Jim Lynch est doué pour absorber le lecteur. Il fait de cette chronique familiale un récit rythmé, vivant, drôle et plein d'anecdotes et remarques sociologiques, scientifiques ou autres, sans omettre pour autant les conflits et les drames qui surviennent inévitablement dans toute famille. Le ton du roman est donc impeccable mais j'ai toutefois éprouvé jusqu'à un certain point un manque d'empathie à l'encontre de cette f

La tête sous l'eau (Olivier Adam)

Et dans le tambour Antoine a beaucoup de mal à garder la tête hors de l'eau. Sa vie d'ado ordinaire est complètement bouleversée depuis que sa grande soeur Léa a disparu au cours d'un festival de musique en Bretagne. Sa famille s'y est installée depuis quelques mois pour prendre un tout nouveau départ. Au lieu de ça, l'angoisse et le manque ont infiltré le foyer et ses parents menacent d'exploser en vol. Quand Léa est retrouvée vivante, mais non indemne, l'immense soulagement laisse vite la place à une nouvelle bataille : faire face au désarroi de sa soeur. Il s'agit du premier ouvrage jeunesse d'Olivier Adam que je me mets sous la dent. J'ai été surpris en l'apprenant après coup. Certes, il est moins long que la plupart des autres, la noirceur envahit peut-être de façon plus édulcorée les états d'âme des personnages, en tout cas en intégrant moins de composantes politiques ou sociales, mais au bout du compte il est assez semblable aux

Double piège (Harlan Coben)

Souriez, vous êtes dupé C'est le temps des vacances, le temps parfait pour découvrir Harlan Coben, poids lourd du thriller américain. Du thriller en version soft si on se base sur Double piège , choisi pour son pitch excitant. Une jeune veuve découvre son mari supposé assassiné, bel et bien vivant sur une vidéo captée dans son salon. Elle y avait placé une caméra pour surveiller la nounou de sa fille ... Ambiance. C'est un roman assez chouette qui se lit bien parce qu'il allie efficacité et simplicité dans l'écriture. Il est un peu difficile de ressentir de l'empathie pour la froide et très armée héroïne. C'est sûrement voulu. Sinon, je qualifierais le dénouement d'original même si le procédé a forcément déjà été utilisé. J'en lirai d'autres de cet auteur à succès. Sans nul doute ... L'été prochain ? Pocket - page 78 L'homme s'assit sur le canapé à côté de l'enfant, regarda la caméra et sourit. Par miracle, May

14 juillet (Éric Vuillard)

Épopée nationale 14 juillet  n'est pas un roman. C'est un récit qui raconte la prise de la Bastille du point de vue du peuple parisien et non plus sous l'angle de la grande Histoire, celle officialisée par les grands de ce monde qui explique les tenants et aboutissants de la survenance d'un événement fondateur, du moins en terme de symbole, de la nation française.  Le 14 juillet 1789, une lame de fond résultat de siècles de mépris de la part des classes dirigeantes et bourgeoises, fit paradoxalement converger presque spontanément des dizaines de milliers de gens au pied de la citadelle de la Bastille, symbole de l'arbitraire royal, pour la faire tomber. Personne, à ma connaissance, n'avait raconté comment cette folle journée a été vécue par ceux qui y ont participé. La raison en est sûrement que personne ne le sait, les protagonistes ayant laissé peu, voire pas, de témoignages. Après renseignements, les événements dépeins sont bien ceux de l'histoire officie