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Articles

Affichage des articles du juillet, 2025

Clamser à Tataouine (Raphaël Quenard)

Serial talker J'ai surfé sur la tendance en me procurant le premier roman de Raphaël Quenard. Enfin, j'ai surtout cédé au charme du garçon et à son entreprise de promotion/séduction de ces dernières semaines. Comparaison recevable ou non, j'ai eu la sensation de lire un roman d'Amélie Nothomb en version masculine, violente et crue. Toute proportion gardée car je m'attendais à un récit plus dérangeant, à des descriptions plus gores des meurtres qui parsèment le récit. En même temps, tout ça est amplement suffisant. Le roman se lit vite et bien. Et il est intelligent. Le scénario de serial killer n'est pas excessivement original, il est pas mal prétexte à livrer les réflexions d'un garçon désabusé de notre époque derrière lesquelles on reconnait (ou on veut reconnaitre) la gouaille habituelle de l'acteur dorénavant écrivain. Cible atteinte. Flammarion - pages 45 et 46 Mon point fort, c'est que pendant un temps - désormais révolu - j'ai eu la chance...

Bel-Ami (Guy de Maupassant)

  Orgueil et avidité Guy de Maupassant est un auteur très plaisant à lire. Son Bel-Ami  est un roman du 19ème siècle mais son écriture m’apparaît légère, mordante, raisonnablement soutenue, en un mot moderne. Il dépeint avec talent et apparemment lucidité le monde de l'édition et son microcosme mondain dans les années 1880 sous l'angle de Georges Duroy, un ambitieux jeune homme fraichement débarqué de Normandie. Pour Georges, tous les moyens sont bons pour obtenir sa place au soleil à Paris malgré une modeste condition sociale et une intelligence dans la moyenne. Son charme et sa figure avenante remportant tous les suffrages auprès de la gente féminine et accessoirement chez quelques collègues hommes, il ne va pas hésiter à profiter de son statut de joli coeur. Ce personnage à la fois aimable et repoussant est très bien écrit car il glisse graduellement, au fur et à mesure de ses conquêtes, de garçon plein de doutes à arriviste sans foi ni loi sans que cela ne gène plus que ça...

Numéro deux (David Foenkinos)

  Biographie non autorisée Tourner les pages d'un roman de David Foenkinos, c'est l'assurance de passer un doux moment de lecture au charme simple et aux formules justes qui font mouche. C'est le cinquième roman de l'auteur que je découvre et il déniche souvent une histoire originale avec un angle bien à lui qui sera l'occasion d'une petite leçon de vie. Dans Numéro deux , il s'attaque en quelque sorte à la biographie non autorisée, et largement inventée, d'un jeune anglais qui dans la "vraie vie" s'est retrouvé coiffé au poteau par Daniel Radcliffe au moment du casting de Harry Potter avec le succès au cinéma que l'on connait. On dit qu'il n'y a rien de plus difficile que de perdre en finale et en effet le jeune Martin, notre numéro deux, va vivre cette douloureuse désillusion comme un énorme caillou dans la chaussure très difficile à retirer. Heureusement avec David Foenkinos, la lecture reste légère et les épreuves n'...

Le jour du chien (Caroline Lamarche)

  Nom d'un chien Un chien affolé court le long d'une autoroute. Interloquées et impuissantes, six personnes dans leur véhicule y verront une métaphore de leur vie et de ses impasses comme un révélateur des souvenirs et des manques. Caroline Lamarche concocte ici six courts portraits au sein de ce qui s'apparente davantage à un recueil de nouvelles qu'à un roman tant la présence du chien en commun est à la fois centrale mais aussi trop fine pour construire à mes yeux six chapitres cohérents qui ne font qu'une seule et même histoire. Avec le ton adapté à chacun, l'écriture de l'auteure reproduit brillamment le monologue intérieur des protagonistes avec beaucoup de talent et de personnalité, en passant par exemple de la simplicité du camionneur mythomane à l'érudition du prêtre esseulé. Pourtant, à la première lecture, j'avoue avoir un peu beaucoup peiné à entrer dans chacun de leur monde, à m'intéresser à leur cas et donc à ressentir de l'empat...

Une longue impatience (Gaëlle Josse)

  Ce sera une fête Ce roman est une petite merveille dont je ne soupçonnais pas la beauté. Les mots simples et sensibles de Gaëlle Josse, leur délicatesse, la poésie discrète des descriptions, des portraits et surtout des émotions racontent l'incommensurable drame, en rien exceptionnel mais terriblement unique et intime. Celui de cette femme qui voit son fils s'enfuir loin du beau-père, prendre la mer, voir le monde, disparaître. Pour sa mère, aucune perspective de retour, encore moins de bonheur, juste attendre, faire le chemin chaque jour vers les falaises pour guetter les bateaux qui rentrent au port, écrire des lettres qu'il ne recevra jamais, fantasmer son retour, faire son possible pour ses autres enfants, ceux qui restent et garder la douleur pour soi alors qu'elle se voit comme le nez au milieu du visage. C'est triste et assez cruel. En lisant ce récit, je prenais fait et cause pour elle. Je ressentais le froid polaire dans son cœur de mère, irrité du silenc...