Le journal d’une maison de famille Cette année, la légitimité du lauréat du Prix Goncourt semble moins contestée que d’habitude. Attribué à « La maison vide » de Laurent Mauvignier, il récompense une œuvre spectaculaire aux grandes qualités littéraires. Épais de 750 pages, ce roman à la lecture exigeante fait corps avec ses personnages, surtout féminins mais pas que, et avec les évènements intimes et historiques qu'ils ou elles traversent. L'écriture, étirée en longues phrases, les tourne et les retourne pour en tirer leur substantifique moelle et créer, avec une grande force narrative, une grandiose fresque autour du passé réinventé de la famille de l'auteur sur la base de ce qu'il en sait. La fiction devient réalité et « C’est cette réalité qui se dessine qui deviendra la seule, même si elle est fausse, car la réalité vécue s'est dissoute et n'a aucune raison de nous revenir ; le récit que j'en fais est comme une ombre déformée trahissant la présence d...