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Articles

Affichage des articles associés au libellé Laurent Gaudé

Chien 51 (Laurent Gaudé)

  Noir c’est noir Nous sommes à Magnapole, dans la Grèce rachetée par une multinationale toute puissante ou peut-être ailleurs sur un autre territoire dénationalisé … Afin d’enquêter sur un meurtre sordide, un flic de la zone 3 est "verrouillé" à son homologue et donc supérieure de la zone 2. Ce roman est une immersion par les sens dans un monde dystopique et effrayant dont l'atmosphère est remarquablement bien dépeinte mais dont les tenants et les aboutissants sont assez peu expliqués, ce qui le rend particulièrement sombre et mystérieux. Dans mon esprit, l’enquête policière pourtant centrale dans le roman a pris une place presque secondaire, au point de ne pas avoir eu envie de faire trop d'efforts pour reconstruire le puzzle des faits et celui des liens entre les nombreux protagonistes du drame.  J’en ai de loin préféré l’ambiance : juste, noire, à la fois tranchante et lyrique sous la plume de l'extraordinaire conteur qu’est Laurent Gaudé dont les mots s'i...

Terrasses ou Notre baiser si longtemps retardé (Laurent Gaudé)

  Un jour au mauvais endroit C'est l'histoire du vendredi 13 novembre 2015, une journée indicible, celle du dieu maléfique qui distribue le hasard. « Toi, oui… Toi, pas... ». Ce livre est inclassable. C'est un roman, mais il a quelque chose du récit, du témoignage et même de la poésie alors que le sujet est atroce. C'est surtout un concentré d'émotions composé par un maestro de la belle langue française qui a "la conviction profonde que les mots consolent". Le narrateur, c'est elle, c'est lui ou alors c'en est un autre, ou encore c'est tout le monde à la fois. Toutes les proies sur les terrasses ou dans la salle de spectacle, ou celles et ceux que le hasard a placé tout près ou plus loin : témoins, policiers, personnel médical, familles des victimes, les Parisiens et les autres, tous atterrés. Tout le monde, sauf les bourreaux, messagers du hasard. Encore lui. J'ai fini le coeur écrasé et les larmes aux yeux. Par l'horreur mais auss...

Le soleil des Scorta (Laurent Gaudé)

Ils sont venus, ils sont tous là Je l'ai parfois dit, c'est l'émotion et la justesse du récit que je recherche principalement dans la fiction. Probablement davantage que le divertissement pur ou même l'opportunité d'apprendre quelque chose. Il y a forcément des contre-exemples dans mes lectures passées mais j'ai vraiment la sensation que lorsque les circonstances sont éloignées de moi, que je ne peux  pas m'identifier aux situations ou aux personnages, le plaisir en est limité. A contrario, plus l'empathie est possible, plus l'émotion survient. En ce sens, la famille italienne soit-disant maudite du roman de Laurent Gaudé, dont le lecteur suit les hauts et les bas sur une centaine d'années, m'est apparue excessivement peu tangible. Le cadre irréel des Pouilles rurales, les liens du sang, l'honneur, les hommes implacables, la religion superstitieuse, le poids des racines et des traditions la font davantage ressembler à un conte qu...