Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé Olivier Adam

Passer l'hiver (Olivier Adam)

  Hors saison Ce recueil de neuf histoires courtes, hautement cafardeuses il faut bien le dire, sont autant de portraits de personnages déprimés, inadaptés, anesthésiés et tous enfoncés dans leur quotidien routinier, les angoisses, la solitude, les blessures invisibles, l'absence de perspectives et j'en passe ... Ambiance. Olivier Adam est aussi doué pour les nouvelles que pour les romans. À chaque fois, il parvient à poser un personnage et un contexte en un minimum de lignes. Bâties dans la concision, ses histoires on ne peut plus humaines mettent en lumière son talent évocateur et impressionniste. Le lecteur a le temps de comprendre de quoi il retourne et d’être saisi par l’émotion même si, il faut bien l'avouer, c'est un peu frustrant de quitter trop tôt des personnes dont le destin est juste esquissé. Autre réflexion sur ce recueil : les neuf nouvelles m'ont donné l'impression de se ressembler et donc à toutes se valoir. Aucune n'est sortie du lot et pou...

Mon coeur en cendres (Olivier Adam)

Vogue la galère  Antoine galère dans sa tête. Son meilleur ami s'est suicidé et il en avait fait le rêve prémonitoire. Léa, sa nouvelle petite amie, est heureusement là pour mettre un peu de couleur et d'espoir dans sa vie. En ce début d'été après les résultats du bac, il va la rejoindre dans sa résidence secondaire familiale en Bretagne ... Encore une oeuvre jeunesse pour Olivier Adam. Deviendrait-il le spécialiste du mal-être adolescent avec à ma connaissance un quatrième roman sur ce thème ? La frontière avec ses romans entre guillemets adultes demeure mince, à défaut d'être floue, mais ce roman, m’est apparu, peut-être plus que La tête sous l’eau ou Dans la nuit blanche, particulièrement adolescent. C’est sûrement dû aux nombreux échanges par textos et vocaux entre les protagonistes, une très bonne idée qui réussit à rendre compte tout aussi bien des ressorts psychologiques de Léa et Antoine que les dialogues classiques. Pour autant, même pour cette littérature, Oli...

Dans la nuit blanche (Olivier Adam)

  Trop tôt pour mourir À force de chroniquer les livres d'Olivier Adam - celui-ci est quand même le dixième - il devient difficile d'écrire quelque chose d'original sur sa littérature "infiniment sensible" qui me va systématiquement droit au coeur et cela dès la première ligne. À croire que l'on a, lui et moi, le même vécu affectif intérieur. Déjà, on a en commun les souvenirs périphériques et pavillonnaires et, plus accessoirement, les goûts musicaux pour l’avoir déjà croisé deux fois dans la foule de concerts parisiens et pour les références dans ses romans qui me parlent très souvent (dans celui-ci, il évoque Pomme). Heureusement pour lui, je ne suis pas le seul, nous sommes nombreux à raffoler de sa littérature. Dans la nuit blanche est un roman jeunesse aux propos à peine adoucis par rapport à ses romans plus adultes. Antoine, Léa, Hugo, Chloé, Gabriel et les autres ... différents points de vue qui font le tour des sentiments humains au travers d'un ...

Dessous les roses (Olivier Adam)

  Midi à sa porte Chacun sa vérité. Il n'y pas de plus grande vérité en ce bas monde. Il suffit de voir combien chacun campe en général sur les siennes, et moi le premier. Voilà à mon sens le grand thème du dernier roman en date d'Olivier Adam, auteur cher à mon coeur qui nous livre encore une fois un roman d'une très grande justesse. J'ai adoré, la vérité ! Claire, Paul et Antoine se retrouvent pour une fois réunis au domicile parental. Et pour cause, leur père vient de mourir. Ils entourent leur mère, ébahie de les voir tous ensemble dans sa cuisine malgré le fossé creusé par les années. Trois jours pour faire remonter l'enfant qu'on a été ou tout simplement régler ses comptes. Qui est coupable ? Y en a-t-il un d'ailleurs ? Chaque enfant de délivrer sa version de l'histoire familiale et chaque lecteur de se faire sa propre opinion de la situation, qui sera à coup sûr à l'opposé de celle son complice de club de lecture. CQFD Flammarion - page 118 Tu...

Tout peut s'oublier (Olivier Adam)

Mind the gap Cela fait quelques mois que Nathan survit plus qu'il ne vit. Son ex-femme japonaise s'est enfui de France en emportant leur fils Léo sous le bras. Au Japon, il n'a aucun recours juridique, l'autorité parentale partagée n'existe pas, particulièrement avec un étranger. Il attend des nouvelles d'un détective privé engagé là-bas pour retrouver leur trace. En attendant il lèche ses plaies dans les bras de sa voisine qui, d'une autre manière, a aussi perdu son fils. Une situation dramatique et cruelle. Un homme blessé au coeur. La Bretagne et le Japon. Des références politiques, cinématographiques et musicales ... Pour mon plus grand plaisir Olivier Adam fait du Olivier Adam. Sans cliché ni pathos, on découvre une autre facette d'un pays qui fascine et qu'on ne peut pas s'empêcher de voir un peu autrement à la lumière de cette histoire forcément inspirée de faits réels. Le gap culturel entre Japon et occident sur ce sujet paraît infranchis...

Une partie de badminton (Olivier Adam)

Exister, quel sport de rue Rien ne me met plus littérairement en joie que la perspective d'un roman d'Olivier Adam. Je n'ai donc pas boudé mon plaisir en ouvrant Une partie de badminton , sa plus récente sortie en poche. Au premier abord, la recette habituelle, testée et approuvée par votre serviteur, est savamment exécutée par le biais du contexte récurrent du double fictif de l'auteur : écrivain, deux enfants, politiquement engagé à gauche (c'est particulièrement marqué dans ce roman) et en proie à une désespérance existentielle entre région parisienne et Bretagne. Malgré cela, j'ai assez vite ressenti un ton différent. Le narrateur, cet homme pas simple mais attachant quand on est dans sa tête, est moins au bord de la rupture que d'habitude. En tout cas, l'auteur en fait un peu moins dans la noirceur psychologique. En contrepartie, tous les déboires possibles, ou presque, tombent sur le coin de la tête de notre anti-héros : personnels, conjugaux, fami...

La tête sous l'eau (Olivier Adam)

Et dans le tambour Antoine a beaucoup de mal à garder la tête hors de l'eau. Sa vie d'ado ordinaire est complètement bouleversée depuis que sa grande soeur Léa a disparu au cours d'un festival de musique en Bretagne. Sa famille s'y est installée depuis quelques mois pour prendre un tout nouveau départ. Au lieu de ça, l'angoisse et le manque ont infiltré le foyer et ses parents menacent d'exploser en vol. Quand Léa est retrouvée vivante, mais non indemne, l'immense soulagement laisse vite la place à une nouvelle bataille : faire face au désarroi de sa soeur. Il s'agit du premier ouvrage jeunesse d'Olivier Adam que je me mets sous la dent. J'ai été surpris en l'apprenant après coup. Certes, il est moins long que la plupart des autres, la noirceur envahit peut-être de façon plus édulcorée les états d'âme des personnages, en tout cas en intégrant moins de composantes politiques ou sociales, mais au bout du compte il est assez semblable aux ...

La renverse (Olivier Adam)

L'étale La renverse, on nous le précise en préambule du roman, est le laps de temps plus ou moins long entre deux marées, la montante et la descendante. Comme si l'océan se reposait avant de repartir de plus belle dans l'autre sens. L'auteur a choisi cette image poétique pour illustrer la parenthèse qui survient dans une existence lorsqu'une forme d'équilibre, qu'on imagine au plus bas comme au plus haut, s'installe en attendant que la vie ne se charge de faire bouger les lignes, que ce soit de son propre chef ou non. Antoine est dans ce cas. Dans une petite ville côtière, il travaille dans une librairie, boit des bières sur les terrasses, marche longuement sur la plage, coupé du monde et de ses émotions. Il digère ce qui lui est arrivé à la fin de son adolescence quand son frère et lui se sont pris en pleine figure les conséquences des frasques du sénateur-maire de sa ville de banlieue parisienne. Le scandale éclaboussa durement la famille ...

Les lisières (Olivier Adam)

"Nos vies périphériques, nos combats ordinaires ..." Cela fait quelques années maintenant qu'Olivier Adam balise mes lectures de loin en loin. Rien de tel qu'un de ses romans lorsque l'envie me prend de plonger dans une écriture désenchantée et cafardeuse qui flatte ma nature mélancolique. Cette partie de moi que je ne peux pas nier est à nouveau bien servie avec Les lisières . Paul, écrivain torturé et largement à côté de ses pompes, se débat le mieux qu'il peut alors que ses angoisses, davantage au repos ces dernières années, refont surface suite au départ de sa femme, à la séparation d'avec ses enfants et au brusque coup de vieux de ses parents, qu'il regardait jusque là vivre de loin tant le souvenir de son enfance est inconfortable. Réfugié en Bretagne où la mer le "lave", il est obligé de faire un retour en arrière sur son passé dans sa ville natale (et dortoir) située aux lisières de Paris. Il n'en faut pas plus pour y t...

Je vais bien, ne t'en fais pas (Olivier Adam)

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé Cela a été un véritable plaisir de croiser le chemin d'Olivier Adam la semaine dernière au salon du livre. L'écrivain de Des vents contraires et Le cœur régulier , deux romans que j'avais pris un grand plaisir à lire, m'a écrit une dédicace touchante à l'image de ses histoires mélancoliques d'hommes et de femmes en butte à leur vie difficile, à leur mal-être intérieur. Ses personnages ont perdu un proche, le stade de la douleur aiguë est passé mais le manque lancinant de l'autre les taraude. Ils font ce qu'ils peuvent pour continuer à vivre. J e vais bien, ne t'en fais pas ne fait pas exception. C'est même son premier roman, il en parle donc pour la première fois et je dirais que ça se voit. C'est une fiction concise, moins approfondie que les deux autres livres déjà énoncés. Des chapitres courts, des phrases de même, directes, presque sèches, sans fioritures pour raconter l'histoir...

Le coeur régulier (Olivier Adam)

Prendre le pouls ... J'avais été assez enthousiasmé par 'Des vents contraires' d'Olivier Adam. Il était temps que je lise un deuxième roman de cet écrivain du deuil, du manque, du mystère, de l'errance ... qui malgré un style minimaliste, une écriture sèche sans fioritures ni métaphores parvient à créer une atmosphère poétique très mélancolique qui me touche beaucoup. Dans 'Le coeur régulier', on suit Sarah, une femme quarantenaire évoluant dans un milieu aisé, qui part se réfugier quelques temps dans un village côtier du Japon pour s'y reposer de sa vie, se retrouver et tenter de "retrouver" son frère quasi-jumeau qui vient de décéder dans un accident de voiture. Elle va à sa rencontre car il s'était reconstruit, l'espace de quelques mois, dans ce havre de paix où les suicidaires aiment se jeter des falaises ...   Il faut évidemment avoir suffisamment le moral quand on lit...

Des vents contraires (Olivier Adam)

Sans que Paul n’en sache la raison, son épouse Sarah n’a pas réapparu chez eux depuis plus d’un an. Pour tenter de se reconstruire, il déménage avec ses deux enfants dans son coin de Bretagne natale. Une douleur sourde et lancinante dans le cœur, il tente de continuer à vivre en prenant chaque jour comme il vient, l’un après l’autre, un pied devant l'autre …   ‘Des vents contraires’ est un livre sur l’absence, celle qu’on traîne comme un boulet aux pieds, qui handicape, nous interdit d’aller de l’avant, de faire des projets. Un grand spleen, une certaine noirceur traverse ce livre non dépourvu d’espoir pour autant, même si l’atmosphère générale est assez pessimiste. On peut s’atteler à la lecture de ce bouquin si on a le moral ou tout du moins l’humeur confortablement cafardeuse. L’auteur scrute l’âme et raconte les paysages mélancoliques de bord de mer, quitte à en faire à mon goût un peu trop en mettant des descriptions poétiques...