Les remords d'un père
Une marche blanche s'organise aujourd'hui à Saint-Nazaire. Il y a un mois, Hugo, 14 ans, se donnait la mort dans sa chambre. Son père, le narrateur, raconte le malheur à l'état pur qui terrasse la famille. Comment survivre à l'absence et affronter la culpabilité de n'avoir pas su protéger Hugo du harcèlement scolaire ?
Il existe de grosses similitudes entre deux romans de Besson : Vous parlez de mon fils et Ceci n'est pas un fait divers. Le choix d'évoquer un sujet de société, de poser en narrateur une victime collatérale broyée à jamais par un drame insupportable et, bien sûr, de dénoncer les conséquences des errements criminels de certains.
Ma remarque n'est pas franchement une critique mais j'avoue espérer qu'il n'y ait pas un troisième roman sur le même moule car il y a dans ce type de récit un procédé un peu trop démonstratif et des personnages et des réactions attendues sinon caricaturales qui en font un témoignage poignant et un réquisitoire nécessaire mais, de mon point de vue, pas entièrement un roman.
Malgré ça et comme à leur habitude, les mots de Philippe Besson sont toujours ce qu'ils sont, c'est à dire assez magiques. De sa plume simple et sensible jaillit la douleur, le manque, la culpabilité. Et on avance dans la lecture la gorge serrée et le cœur accablé à l'idée que des parents aient à vivre cela.
Pocket - page 20
Depuis qu'Hugo est parti, j'ai appris que c'est ce genre de situation qui est le plus cruel, qui fait le plus de mal.Parce que ce n'est pas philosophique, la mort, ce n'est pas au-dessus de nous, ce n'est pas ailleurs, c'est très concret, et c'est là. C'est une chaise vide dans le petit matin tranquille, malgré le soleil qui éclabousse.
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