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Articles

Affichage des articles associés au libellé #4 Sorel

Par amour (Valérie Tong Cuong)

  De guerre lasse Par amour , énième roman sur la seconde guerre mondiale, se distingue de ses confrères par l'adoption du point de vue d'une famille havraise de 1939 à 1944. D'abord la cible de la Luftwaffe au moment de l'invasion, Le Havre, ville martyre, sera particulièrement bombardée par les Alliés pendant toute la guerre, jusqu'à ce terrible mois de septembre 1944 lorsqu'elle fut rasée à 80%, les Allemands s’étant barricadé pour empêcher la prise du port. Émelie, Muguette, Joffre, Jean et les autres seront tour à tour narrateur de leur histoire familiale empêtrée dans la grande Histoire qui leur tombe dessus. Ce procédé permet de développer les personnalités, de s’y attacher et de faire progresser la dramaturgie du récit. Déluges de bombes, exode, rationnement, lois discriminatoires, maladie, mort ... la tragédie familiale est totale. Et pourtant, comme tout ne peut pas être noir, il y a l'amour, celui pour son conjoint, ses enfants, sa famille, mais a...

La maison vide (Laurent Mauvignier)

  Le journal d’une maison de famille Cette année, la légitimité du lauréat du Prix Goncourt semble moins contestée que d’habitude. Attribué à « La maison vide » de Laurent Mauvignier, il récompense une œuvre spectaculaire aux grandes qualités littéraires. Épais de 750 pages, ce roman à la lecture exigeante fait corps avec ses personnages, surtout féminins mais pas que, et avec les évènements intimes et historiques qu'ils ou elles traversent. L'écriture, étirée en longues phrases, les tourne et les retourne pour en tirer leur substantifique moelle et créer, avec une grande force narrative, une grandiose fresque autour du passé réinventé de la famille de l'auteur sur la base de ce qu'il en sait. La fiction devient réalité et « C’est cette réalité qui se dessine qui deviendra la seule, même si elle est fausse, car la réalité vécue s'est dissoute et n'a aucune raison de nous revenir ; le récit que j'en fais est comme une ombre déformée trahissant la présence d...

Les aventures de Tom Sawyer (Mark Twain)

  C'est l'Amérique Tom Sawyer, c'est l'Amérique ... et aussi un sacré garnement qui ment et manipule tout le monde et, plus que tout, s'évertue à rendre chèvre sa tante Polly. Au point de paraître assez détestable au début de la lecture de ce grand classique de la littérature américaine. Mais ça, c'était avant que Tom ne tombe amoureux de Becky Thatcher et que les vraies aventures avec Joe Harper et Huckleberry Finn ne débutent réellement. Les décisions et les rencontres hasardeuses s'enchainent et Tom gagne en épaisseur et en sentiments. Ce n'est pas tout de s'amuser au dépens des autres, il faut bien commencer un jour à devenir un jeune garçon responsable. Les événements vont l’aider à développer le sens du bien et du mal et celui du sacrifice. Autant que possible en tout cas pour une fripouille comme Tom. J'avais tenté, il y a quelques temps, de lire Mark Twain en version originale pour très vite laisser tomber tant son récit est truffé de vie...

Métrobate (Maurice Pons)

  Cornélien 1951 (année de parution du roman), un jeune homme se souvient de son été 1945, juste après la libération, lorsque ses parents lui imposent un précepteur pour rattraper des années de guerre peu studieuses. Jeune dandy, charmant et excentrique, son professeur va séduire toute la famille. Ce sera l'équilibre avant la tragédie ... Ce (trop) court roman est un petit bijou d'écriture par son style fluide, élégant et de facture plutôt classique qui déploie subtilement une expérience troublante et ambigüe pour ce "petit garçon" qui ne comprend pas toute l'ampleur des enjeux. J'ai adoré la façon avec laquelle l'auteur énonce les non-dits que nous adultes du 21ème siècle comprenons entre les lignes. Était ce aussi clair pour les lecteurs des années 50 ? En tout cas, même si les mœurs et les temps ont évolué, on continue souvent à juger les gens pour ce qu'ils sont plutôt que pour ce qu'ils font. Christian Bourgeois éditeur - page 113 Vous vous so...

Dans les brumes de Capelans (Olivier Norek)

  Antipode Mon premier Norek ! Depuis qu'on m'en parle ... Sauf que Dans les brumes de Capelans est le 4ème et dernier tome de la série Victor Coste et cela aurait été plus logique de commencer par le premier. Pas grave, il sera toujours temps de lire la série à rebours. C'est un concept. Par le hasard d'une intervention policière, une jeune fille est retrouvée enchaînée dans le sous-sol d'un pavillon, dix ans après sa disparition. Mutique, elle est envoyée pour être interrogée et protégée par le capitaine Coste en poste à Saint-Pierre-et-Miquelon. Mais même au bout du monde, il est difficile de se soustraire au mal, surtout lorsque à cette période de l'année, un opaque et sinistre brouillard recouvre l'archipel pendant quelques jours ... Je comprends l'enthousiasme des lecteurs pour les polars de Norek. C'est bien écrit et son roman, noir juste ce qu'il faut sans tomber dans le violent ou le glauque, s'ancre dans le réel en positionnant so...

Une longue impatience (Gaëlle Josse)

  Ce sera une fête Ce roman est une petite merveille dont je ne soupçonnais pas la beauté. Les mots simples et sensibles de Gaëlle Josse, leur délicatesse, la poésie discrète des descriptions, des portraits et surtout des émotions racontent l'incommensurable drame, en rien exceptionnel mais terriblement unique et intime. Celui de cette femme qui voit son fils s'enfuir loin du beau-père, prendre la mer, voir le monde, disparaître. Pour sa mère, aucune perspective de retour, encore moins de bonheur, juste attendre, faire le chemin chaque jour vers les falaises pour guetter les bateaux qui rentrent au port, écrire des lettres qu'il ne recevra jamais, fantasmer son retour, faire son possible pour ses autres enfants, ceux qui restent et garder la douleur pour soi alors qu'elle se voit comme le nez au milieu du visage. C'est triste et assez cruel. En lisant ce récit, je prenais fait et cause pour elle. Je ressentais le froid polaire dans son cœur de mère, irrité du silenc...

La mer est un mur (Marin Postel)

  Île-prison Ambiance maritime, drame familial, mélancolie brumeuse, esprits tourmentés ... Il n'aura fallu que ces quelques informations dans les quelques avis positifs glanés ici ou là pour me persuader que cette fiction était faite pour moi. Je ne me suis pas trompé. Il sera à coup sûr l'un de mes grands coups de cœur de l'année.   Chaque année, le narrateur Joseph et sa famille passent l'été dans une petite île de la Manche où ils possèdent une maison de vacances face à la mer. D'office, ce privilège les positionne en rivaux des habitants à l'année, modestes pêcheurs mal logés. Été après été, Joseph va voir croître la fascination d'Antoine, son frère aîné, pour ces insulaires aux mœurs frugales et farouches. Antoine fera tout pour se rapprocher de Baptiste, un garçon de leur clan, au risque de creuser petit à petit un fossé infranchissable entre lui et sa famille. On comprend que le jeune homme va se perdre, que liberté et indépendance gagnées de haute l...

Mémoires de la forêt, tome 1 - Les souvenirs de Ferdinand Taupe (Mickaël Brun-Arnaud)

  Taupe-là ! Quand le roman prévu pour mon filleul de 11 ans finit sur ma table de nuit. Quelques pages de lecture "pour voir si c'est bien" et me voilà ferré à ce roman pour les enfants et ... les adultes qui ont gardé leur âme d’enfant. Qui n'a pas gardé la nostalgie des histoires d'animaux qui parlent, s'habillent comme nous, vivent dans les troncs d'arbre et partent trotter en quête d'une bonne action ? Archibald Renard tient la librairie du village de Bellécorce. Comme son père et son grand-père avant lui, il adore conseiller aux animaux de la forêt les livres en exemplaire unique qu'on lui apporte. Mais c’est tout de même un peu beaucoup la routine, alors quand son très vieil ami Ferdinand Taupe sollicite son aide pour tenter de retrouver ses souvenirs, il n’hésite pas une seconde. Pomme alors, il a bien besoin d’une aventure !  J'ai carrément craqué pour cette belle histoire pleine de chaleur, empathie, poésie et mignonnerie. Certes, c...

Le temps d'après - Jean Hegland

  Garçon des bois Quel vrai petit bonheur d'apprendre que Dans la forêt de Jean Hegland aurait une suite ... Retrouver Nell et Eva. Et découvrir leur fils Burl né dans la forêt alors que le monde entier s'écroule tout autour. Les deux soeurs ont compris qu'il fallait brûler la maison familiale et apprendre à vivre parmi les exhalants et les inhalants de la nature. Tous les inhalants sauf les humains qui ont mis la planète à genoux et qu'il faut à tout prix fuir car ceux qui ont survécu représentent une menace. Il y a quelques années, certains se sont approchés dangereusement de leur "capane". Burl, le narrateur au langage évoluant, voit bien que ses mères sont "terreurisés" à l'idée qu'ils reviennent. En plus de la description du paradis terrestre qu'est la forêt pour Burl malgré l'humidité et la sécheresse de plus en plus présentes, c'est le regard que le jeune garçon a sur l'humanité, un point de vue quasi-inédit, qui m...

Le barman du Ritz (Philippe Collin)

  Mixologie Frank Meier a existé. Juif autrichien, Français de cœur, il a été barman du Ritz de 1921 à 1947 et a traversé les années de guerre derrière son bar à fréquenter les officiers allemands et le gratin parisien plus ou moins germano-compatible, tous ignorants de ses origines. Philippe Collin que j’aime écouter sur mon application Radio France a écrit un brillant roman sur sa vie, forcément romancé dans les détails mais, je crois, le plus proche possible de la réalité. Quel plaisir de traverser en lecture ces quatre années d'occupation à partir d’un angle inhabituel. L’Histoire par la petite lorgnette, c’est ce que je préfère.  Pourtant le Ritz n'est pas un endroit comme les autres à Paris mais bien un lieu à part qui semble avoir été le centre névralgique d'intrigues mondaines et politiques. J'ai aimé suivre mois après mois l'évolution de la situation à Paris, ainsi que le quotidien et l'état d'esprit du barman du Ritz, dans un premier temps favorabl...

Nous rêvions juste de liberté (Henri Loevenbruck)

  Quelle virée ! Jusqu'à ce que mon entourage me conseille cet auteur, je n'avais aucunement conscience de la littérature de Henri Loevenbruck. Dès les premières pages, grâce à l'écriture très orale de l'écrivain, le lecteur est happé par le point de vue et la rare sincérité de Hugo, alias Bohem, un gamin idéaliste en manque de repères qui va trouver son salut au sein d'une bande de garçons sur laquelle règne Freddy auquel il vouera une fidélité sans faille. Cette rencontre déterminante est le point de départ d'une aventure intemporelle et époustouflante qu'il va vivre sur sa moto bricolée à rouler, rouler et encore rouler dans un pays inconnu qui ressemble diablement aux Etats-Unis. Ses amis et lui tenteront de se faire une place dans le monde des bikers, une communauté aux méthodes rudes qui placent les valeurs d'amitié, de loyauté, de respect et d'honneur au-dessus de tout. On verra jusqu'à quel point ... Le roman possède une grande force huma...

Le roman de Jim (Pierric Bailly)

Le roman d'Aymeric Ayant lu ici et là que le film, qui me tentait beaucoup, n’était pas aussi bien que le livre, j’ai préféré ne pas le voir et ainsi ne pas tuer le suspense, ni polluer la lecture du roman de Pierric Bailly avec des images que j’aurais forcément gardées avec moi. Bien m’en a pris. J’ai été immédiatement happé par Le roman de Jim, par son récit très bien construit autour d’un homme en déshérence affective alors que Jim, son beau-fils de 7 ans qu’il a littéralement vu naître et grandir à ses côtés, lui est violemment enlevé. Une histoire assez cruelle pour tout lecteur empathique. Je qualifierais la plume de Pierric Bailly de très orale. il écrit comme Aymeric cogite, c’est à dire avec simplicité, humanité et sensibilité. Il embarque complètement le lecteur dans les états d’âme d’un anti-héros cabossé par la vie, et dans ses pensées et réflexions d’une justesse et d’une finesse assez remarquables. Son style minimaliste suscite l’émotion. J’ai lu ce livre très vite, a...

Peau d'homme (Hubert et Zanzim)

  La recette de l’amour Peau d’homme … le titre de cette bande dessinée à la référence évidente et sa couverture évocatrice annoncent la couleur. Elle va aborder les brûlants sujets de l'orientation sexuelle, de la condition féminine, du sectarisme religieux ou encore des dérives totalitaires dans une fable médiévale qui met en scène Bianca, une noble jeune femme en passe de se marier. Quoi de mieux pour découvrir Giovanni, son futur époux, que de revêtir un habit de jeune homme qui se transmet dans la famille de mère en fille pour devenir Lorenzo le temps d'une nuit ou de quelques jours ? La morale de l'histoire et les dialogues sont bien sûr anachroniques mais on bien compris que tout est dans la métaphore et grâce aux dessins simples et expressifs, la parabole est réussie et le message génial.

Madelaine avant l'aube (Sandrine Collette)

  Il était une fois Le roman aurait pu commencer par "Il était une fois". Dans une région et à une époque indéterminées, une famille élargie vit dans leur hameau de trois maisons, une vie de perpétuel labeur en proie à l'arbitraire des seigneurs propriétaires et aux rigueurs et aléas des saisons. Ils courbent l'échine, espérant être oubliés, priant pour que la récolte soit bonne et que la famine les épargnera cette année encore. Ils n'ont pas d'autre choix que la résilience. Seule Madelaine, une gamine sauvage recueillie, développera une forme de refus de la fatalité.  Sandrine Collette, à mesure que je découvre ses romans, prend une place de choix parmi mes auteurs préférés. Elle a une habilité folle à raconter avec force et intensité des histoires pleines de noirceur et de violence en lui insufflant ce qu'il faut d'espoir, de poésie et d'humanité. Son écriture est admirable et son roman Madelaine avant l'aube sera l'une de mes plus belle...

La Terre (Émile Zola)

  C'est du Zola La Terre est un tome des Rougon-Macquart particulièrement marquant. On a coutume de dire que la terre agricole en est le personnage principal, souvent comparée à une femme aussi bien féconde et nourricière que cruelle et sans merci. Elle est en tout cas l'objet de toutes les convoitises dans ce coin de campagne beauceronne sous le Second Empire. Paysans, grands propriétaires, ouvriers agricoles, commerçants, curés, instituteur, notaire, rentiers, politiciens et autres parasites participent à ce roman choral particulièrement sordide aussi bien dans son épilogue que dans son récit. Ici tout le monde en prend pour son grade dans une impressionnante fresque réaliste et dramatique. Chaque lecteur en sort admiratif et/ou dégoûté mais il est peu probable qu'il en sorte indifférent. Il est frappant de voir combien Emile Zola prend le parti de décrire cette population rurale sans trop de filtres ni tabous : violence, sexualité exacerbée, jalousie, méchanceté, cupidi...

Le nageur (Pierre Assouline)

  Quelqu'un de bien en somme Alfred Nakache, Français né en Algérie, multi médaillé en natation de 1933 à 1943 avant d'être déporté avec sa famille à Auschwitz car Juif et résistant. Sa femme et sa fille ne reviendront pas. Ce livre allie parfaitement abondance d'éléments biographiques et indéniables qualités littéraires. Au début, je dois bien l'avouer, certaines tournures de phrase dans leur souci du style, m'ont paru dépasser le simple cadre du portrait objectif du nageur de Constantine. Mais cette impression n'a été que passagère pour laisser place à l'émotion. On ne peut qu'admirer le parcours d'un homme à qui ténacité et humanité ont été inculquées, des valeurs qui feront de lui l'un des plus grands champions de la natation française et qui lui permettront de survivre à l'enfer des camps de concentration. Ses qualités, ainsi que sa constitution physique et probablement sa notoriété, les nazis glorifiant le sport, lui ont permis de trave...

Terrasses ou Notre baiser si longtemps retardé (Laurent Gaudé)

  Un jour au mauvais endroit C'est l'histoire du vendredi 13 novembre 2015, une journée indicible, celle du dieu maléfique qui distribue le hasard. « Toi, oui… Toi, pas... ». Ce livre est inclassable. C'est un roman, mais il a quelque chose du récit, du témoignage et même de la poésie alors que le sujet est atroce. C'est surtout un concentré d'émotions composé par un maestro de la belle langue française qui a "la conviction profonde que les mots consolent". Le narrateur, c'est elle, c'est lui ou alors c'en est un autre, ou encore c'est tout le monde à la fois. Toutes les proies sur les terrasses ou dans la salle de spectacle, ou celles et ceux que le hasard a placé tout près ou plus loin : témoins, policiers, personnel médical, familles des victimes, les Parisiens et les autres, tous atterrés. Tout le monde, sauf les bourreaux, messagers du hasard. Encore lui. J'ai fini le coeur écrasé et les larmes aux yeux. Par l'horreur mais auss...

Les faux-fuyants (Françoise Sagan)

  La débâcle Juin 1940. Alors que les Allemands envahissent le pays, quatre Parisiens de la haute-société se retrouvent bloqués, en exil forcé, dans une ferme de la Beauce. En entamant le roman, je n'avais pas conscience que sa lecture me détendrait autant. La quatrième de couverture annonçait pourtant la couleur en évoquant une "imprévisible et cocasse partie de campagne" et laissait présager une satire mordante sur le thème des différences de classe. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance, on est en pleine débâcle et la mort s'abat sur le petit groupe à côté de la plaque car habitués à la vie facile. Mais c'était, j'imagine, mal connaître Françoise Sagan car la légèreté apparaît dès les premiers mots et on rit malgré le dramatique de la situation. Elle joue clairement sur le décalage à la fois réel et pas toujours abyssal entre paysans et snobinards. Le ton est badin et moqueur et on pourrait s'attacher à au moins trois personnages sur quatre. To...

Alex (Pierre Lemaitre)

  Appelez-moi Lisbeth Je ne suis pas un grand habitué du thriller/polar donc il m'est difficile de comparer Pierre Lemaitre à ses homologues écrivains du genre. Reste le plaisir pur de la lecture et en ça l'auteur a réussi, à l'image de Robe de marié lu il y a quelques années, à me glacer le sang dès la première page lorsque Alex se retrouve aux mains d'un homme qui ne lui veut pas du bien. Quelques passages font vraiment froid dans le dos. S'ensuit une intrigue qui emmène le lecteur dans une direction plutôt inattendue. Les chapitres, prenants, alternent entre le point de vue de la victime au passé trouble et celui du commandant de police Verhoeven et de son équipe, personnages étrangement caricaturaux mais bien plantés par la plume fluide et incisive de Pierre Lemaitre. Ce thriller efficace est passé crème. Le Livre de Poche Il dit qu'il « va exiger la vérité ». - Oui, j'ai cru comprendre, dit le juge. Il semble absorbé un moment par cette pensée puis il s...

Dans la nuit blanche (Olivier Adam)

  Trop tôt pour mourir À force de chroniquer les livres d'Olivier Adam - celui-ci est quand même le dixième - il devient difficile d'écrire quelque chose d'original sur sa littérature "infiniment sensible" qui me va systématiquement droit au coeur et cela dès la première ligne. À croire que l'on a, lui et moi, le même vécu affectif intérieur. Déjà, on a en commun les souvenirs périphériques et pavillonnaires et, plus accessoirement, les goûts musicaux pour l’avoir déjà croisé deux fois dans la foule de concerts parisiens et pour les références dans ses romans qui me parlent très souvent (dans celui-ci, il évoque Pomme). Heureusement pour lui, je ne suis pas le seul, nous sommes nombreux à raffoler de sa littérature. Dans la nuit blanche est un roman jeunesse aux propos à peine adoucis par rapport à ses romans plus adultes. Antoine, Léa, Hugo, Chloé, Gabriel et les autres ... différents points de vue qui font le tour des sentiments humains au travers d'un ...