Démonstration par l'absurde C’est sûr qu’à 16 ans ou à 55 ans on ne lit pas « L’étranger » de la même façon. Adolescent, le roman m’était apparu inintéressant bien que facile à lire. L’illustration de l'absurdité par Albert Camus était bien trop abstraite. 40 ans après, la lecture a cette fois-ci été fascinante. Il n’est pas utile de paraphraser ce qui a été écrit mille fois sur ce classique du 20ème siècle mais c’est vrai que l'écriture blanche de l'auteur reflète remarquablement bien la forme d'indifférence au monde que le héros affiche avec un naturel touchant. Puis il y a sa perplexité face à un procès surréaliste, pas du tout à la hauteur. Et enfin, cette fin cathartique et lumineuse quand il consent à se rebeller face à un prêtre si certain de sa vérité. La dernière phrase est puissante.