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Articles

Affichage des articles associés au libellé - Romans classiques

L'étranger (Albert Camus)

  Démonstration par l'absurde C’est sûr qu’à  16 ans ou à 55 ans on ne lit pas «  L’étranger »   de la même façon.  Adolescent, le roman m’était apparu inintéressant bien que facile à lire. L’illustration de l'absurdité par Albert Camus était bien trop abstraite. 40 ans après,  la lecture a cette fois-ci été fascinante. Il n’est pas utile de  paraphraser ce qui a été écrit mille fois sur ce classique du 20ème siècle mais c’est vrai que  l'écriture blanche de l'auteur reflète remarquablement bien la forme d'indifférence au monde que le héros affiche avec un naturel touchant. Puis il y a sa perplexité face à un  procès surréaliste, pas du tout à la hauteur. Et enfin,  cette fin cathartique et lumineuse quand il consent à se rebeller face à un prêtre si certain de sa vérité. La dernière phrase est puissante.

Les aventures de Tom Sawyer (Mark Twain)

  C'est l'Amérique Tom Sawyer, c'est l'Amérique ... et aussi un sacré garnement qui ment et manipule tout le monde et, plus que tout, s'évertue à rendre chèvre sa tante Polly. Au point de paraître assez détestable au début de la lecture de ce grand classique de la littérature américaine. Mais ça, c'était avant que Tom ne tombe amoureux de Becky Thatcher et que les vraies aventures avec Joe Harper et Huckleberry Finn ne débutent réellement. Les décisions et les rencontres hasardeuses s'enchainent et Tom gagne en épaisseur et en sentiments. Ce n'est pas tout de s'amuser au dépens des autres, il faut bien commencer un jour à devenir un jeune garçon responsable. Les événements vont l’aider à développer le sens du bien et du mal et celui du sacrifice. Autant que possible en tout cas pour une fripouille comme Tom. J'avais tenté, il y a quelques temps, de lire Mark Twain en version originale pour très vite laisser tomber tant son récit est truffé de vie...

Emile Zola - La bête humaine

  Tout le monde déraille Parmi   les Rougon-Macquart les plus célèbres, lus à l’adolescence pour la plupart,  La bête humaine était probablement le tome que j’avais le plus hâte de découvrir. Malgré sa réputation, il m’a moins plu que L’assommoir , Germinal ou encore Le bonheur des dames et que d'autres beaucoup moins connus (je pense à La Terre  ou à  Pot-Bouille ). Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi car encore une fois, la proposition de Zola est forte et accrocheuse dans ce polar social noir, sorte de thriller autour du monde ferroviaire et de celui du crime et de la justice (deux projets d’écriture que l’écrivain aurait finalement décidé de fusionner pour faire tenir sa saga en vingt romans). Dans ce tome, on ne quitte pas une minute le milieu des cheminots et tout particulièrement la ligne de chemin de fer Paris St Lazare-Le Havre. L’intrigue se déroule à l’intérieur ou autour des deux gares, ou le plus souvent le long des rails entre les deux. Le...

Bel-Ami (Guy de Maupassant)

  Orgueil et avidité Guy de Maupassant est un auteur très plaisant à lire. Son Bel-Ami  est un roman du 19ème siècle mais son écriture m’apparaît légère, mordante, raisonnablement soutenue, en un mot moderne. Il dépeint avec talent et apparemment lucidité le monde de l'édition et son microcosme mondain dans les années 1880 sous l'angle de Georges Duroy, un ambitieux jeune homme fraichement débarqué de Normandie. Pour Georges, tous les moyens sont bons pour obtenir sa place au soleil à Paris malgré une modeste condition sociale et une intelligence dans la moyenne. Son charme et sa figure avenante remportant tous les suffrages auprès de la gente féminine et accessoirement chez quelques collègues hommes, il ne va pas hésiter à profiter de son statut de joli coeur. Ce personnage à la fois aimable et repoussant est très bien écrit car il glisse graduellement, au fur et à mesure de ses conquêtes, de garçon plein de doutes à arriviste sans foi ni loi sans que cela ne gène plus que ça...

Le rêve (Émile Zola)

  Jusqu'au bout de son rêve Je souscris à l’affirmation généralement admise que  Le rêve  d’Émile Zola n'est pas, dans la série des Rougon-Macquart, un tome comme les autres. Ce qui me frappe est sa relative brièveté par rapport aux dix-neuf autres romans et sa forme un peu éthérée, de l’ordre du conte. C'est particulièrement flagrant après La Terre , roman ambitieux et autrement plus concret. Ici, comme son nom l'indique, on est dans le rêve, le mysticisme, la naïveté et le romantisme d'une jeune fille, Angélique Rougon, abandonnée puis recueillie par une famille de brodeurs, une profession qu'on a plaisir à découvrir. Elle va grandir à l'ombre d’une cathédrale, influencée par les représentations de saintes martyres sur l'édifice et dans ses lectures. Son âme tourmentée et déréglée, dans la ligne héréditaire de la dynastie zolienne, vivra intensément le rêve qui est en elle et qui se matérialisera en la personne de Félicien, un jeune et beau peintre ver...

Le colonel Chabert (Honoré de Balzac)

  Ciel mon mari Surprise ! Je croyais avoir affaire à un long roman, un épais classique débordant de descriptions et d’aphorismes sur la grande comédie humaine promise. Certes, il n'en manque pas mais l'ouvrage d'Honoré de Balzac tient dans 160 pages qui sont coincées dans un livre de poche pas si mince entre une longue préface et un dossier aussi long que le roman lui-même. Est-ce que j'ai été déçu ? Je crois que oui, car j'attendais davantage de consistance et de rebondissements dans cette histoire d'homme usé dont personne ne veut, en particulier son épouse remariée qui le croyait enseveli à la bataille d'Eylau. Ici on n'est pas dans le comte de Monte Cristo. Pas de vengeance mais le simple constat de la vanité des hommes. J'en ai tout de même apprécié la lecture et notamment quelques portraits cyniques bien saisis. Tout est dit lorsque le roman se termine à peu près sur ces quelques mots : Le Livre de Poche - page 163 Je ne puis vous dire tout ce...

La Terre (Émile Zola)

  C'est du Zola La Terre est un tome des Rougon-Macquart particulièrement marquant. On a coutume de dire que la terre agricole en est le personnage principal, souvent comparée à une femme aussi bien féconde et nourricière que cruelle et sans merci. Elle est en tout cas l'objet de toutes les convoitises dans ce coin de campagne beauceronne sous le Second Empire. Paysans, grands propriétaires, ouvriers agricoles, commerçants, curés, instituteur, notaire, rentiers, politiciens et autres parasites participent à ce roman choral particulièrement sordide aussi bien dans son épilogue que dans son récit. Ici tout le monde en prend pour son grade dans une impressionnante fresque réaliste et dramatique. Chaque lecteur en sort admiratif et/ou dégoûté mais il est peu probable qu'il en sorte indifférent. Il est frappant de voir combien Emile Zola prend le parti de décrire cette population rurale sans trop de filtres ni tabous : violence, sexualité exacerbée, jalousie, méchanceté, cupidi...

L'oeuvre (Émile Zola)

Période noire L'Oeuvre est probablement le roman le plus personnel d'Émile Zola, tant on le reconnait presque sans fard dans le personnage de Sandoz, l'ami le plus cher et le plus fidèle de Claude Lantier, lui-même largement inspiré de Paul Cézanne avec lequel il a grandi à Plassans. Euh ... pardon, à Aix-en-Provence. Claude, accessoirement fils de Gervaise, est un peintre au talent avorté et au destin tragique quand bien même il inspire toute une génération grâce à son tableau nommé "Plein air", moqué au salon des refusés quelques années auparavant. Ça vous rappelle quelque chose ? Il s'agit évidemment d'un récit largement inspiré de ce qu'Émile Zola a vécu presque de l'intérieur aux côtés de ses camarades artistes à cette période charnière de l'histoire de l'art lorsque les Impressionnistes butaient contre l'école officielle. Les passages du roman qui se déroulent au salon officiel et au salon des refusés sont admirables comme à chaq...

Le portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde)

  Discours, gloire et beauté Difficile de parler de ce roman classique, objet de tous les superlatifs. J’ai été charmé par l'intelligence des dialogues, la forte densité en aphorismes marquants et le portrait de la haute société londonienne oisive pour laquelle l'art de la conversation est un boulot à plein temps et la recherche du beau et du plaisir, un but en soi. Sur le fond, on sait qu'Oscar Wilde en avait sous le pied et qu'il ne pouvait pas appeler un chat un chat et que l'étendue de la débauche du magnifique Dorian Gray est sans cesse suggérée, ses vices ne pouvant pas être davantage détaillés. Le meurtre qu'il commet, à défaut d'être moins grave que tout le reste, est à la fin du 19ème siècle infiniment moins tabou. Reste la dimension fantastique du récit qui est à mon sens et à bon escient presque secondaire. De l'ordre, je l'imagine ainsi, de la métaphore, elle est à l'origine d'un épilogue mémorable. Pocket Classiques Le dramatique...

Le joueur d'échecs (Stefan Zweig)

Échec au roi Entre deux tentatives d'amoindrissement de ma pile à lire, j'ai attrapé ce classique de Zweig dans le tout nouveau meuble à livres de l'immeuble. Les livres d'occasion sont des nids à acariens auxquels je suis allergique mais je n'ai pas résisté longtemps car il s'offrait à moi dans un plutôt bon état. Deux heures et une petite rhinite/conjonctivite plus tard, je l'avais terminé, ingurgité en une bouchée. Cette histoire de monomanie des échecs, résultat d'une situation subie sur fond de seconde guerre mondiale est fascinante. Il y a plusieurs types de torture et celle racontée par l'auteur autrichien est implacable et particulièrement raffinée. Il raconte à merveille le processus psychologique que le futur joueur d''échecs met en oeuvre pour échapper à la folie et qui, de fait, en entraine une autre tout aussi traumatisante, même si cette dernière lui sauve la vie. Ajoutons à cela, dans un final assez spectaculaire, le combat des...

Germinal (Émile Zola)

La misère encore plus pénible sous terre J'ai lu qu'à sa première édition,  Germinal n'avait pas été un aussi gros succès de librairie que certains autres volumes des Rougon-Macquart. En revanche, il est incontestablement devenu avec le temps son tome le plus célèbre et le plus vendu. Et on comprend bien pourquoi tant le récit est spectaculaire et le drame à son climax. Toute la beauté de la saga et toute sa force pourraient être résumées dans cet épisode exemplaire, celui d'Étienne Lantier, fils de Gervaise, qui, se retrouvant presque par hasard embauché dans l'une des nombreuses mines de houille du nord de la France, deviendra l'un des instigateurs d'une grève aux conséquences effroyables. Tout est parfait dans Germinal . Je ne vois pas ce qu'un lecteur pourrait lui reprocher à part à avoir en soi l'éxécration de la violence, le dégoût de la misère, le refus de l'impudeur du désespoir ou encore l'écoeurement de l'injustice. 😂 C'est...

La joie de vivre (Émile Zola)

Bonne poire Pour son douzième Rougon-Macquart, Émile Zola ralentit le tempo de sa peinture naturaliste, à l'image d' Une page d'amour qui m'avait laissé un peu la même impression. Cette fois-ci, on est particulièrement loin du bruit et de la fureur du Second Empire, à part pour décrire l'atmosphère d'un coin reculé du pays et de la misère de ses campagnes. Pour La joie de vivre il y a unité de lieu dans la demeure de bourgeois de Bonneville, petite bourgade au pied des falaises grignotée petit à petit par la Manche et ses assauts incessants. Pauline, orpheline des charcutiers Quenu des Halles présents dans Le ventre de Paris, est recueillie par ses cousins de Normandie. Sa joie de vivre naturelle reçue au début avec bienveillance va être progressivement exploitée par les Chanteau, famille gentiment détraquée, rongée par l'égoïsme et l'inconstance. Les caractères difficiles et hauts en couleurs sont si bien campés qu'on s'attache à ses membres, ...

Washington Square (Henry James)

La traque Pour commencer à défricher ce grand écrivain classique américano-britannique, j'ai choisi à l'intuition un roman plutôt court qui paraissait offrir une intrigue peu ambitieuse, ce qui convient parfaitement à mon état d'esprit du moment. Mon choix s'est révélé, en la matière, parfaitement judicieux car Washington Square  est proche du huis clos. Ses quatre personnages principaux s'affrontent dans un drame familial qui s'engage dans le Manhattan des années 1880 lorsqu'un beau jeune homme désargenté demande la main d'une jeune fille riche mais dénuée de tout charme. En tout cas, c'est l'avis de son père, un éminent médecin qui a une bien piètre opinion de sa fille unique. C'est un détail important de l'intrigue qui laisse le lecteur perplexe et rend ce roman, plutôt lisse dans sa facture, plus intéressant que le simple drame intime de la jeune héritière courtisée par cupidité. La lecture est ultra-fluide à l'opposé de ce à quoi...

Au Bonheur des Dames (Émile Zola)

Le sens de l'Histoire Nous avons quitté Octave Mouret s'installant en ménage avec la patronne du Bonheur des Dames dans Pot-Bouille , nous le retrouvons veuf et triomphant quelques années plus tard. Il est à la tête du grand magasin pour lequel il a des ambitions démesurées mais à la mesure de l'époque, au moment où la population parisienne (Zola entend par là les femmes) découvre les temples de la consommation à bas prix. La jeune Denise débarque de Normandie avec ses frères et va en quelque sorte révolutionner l'endroit malgré elle. Ce tome des Rougon-Macquart fait du bien avec son ton plutôt positif, voire optimiste, malgré la critique ouverte des nouvelles habitudes de vie qui émergent à cette époque et l'effet désastreux qu'elles ont sur le petit commerce. Même Denise qui constate les dommages collatéraux dans son entourage semble se réjouir de l'évolution. Pour elle, c'est aussi le sens de l'Histoire. La peinture de l'établissement qui sem...

Pierre et Jean (Guy de Maupassant)

  Faux frère Bel-Ami date de mes années lycée et m'avait laissé le souvenir d'une oeuvre moderne et abordable, malgré l'indéniable exigence de la langue. J'ai à nouveau ressenti cela avec Pierre et Jean , un roman qui se lit vite, avec une agréable fluidité. Pierre et Jean vivent au Havre auprès de leurs parents. Quand il apprend que Jean s'apprête à hériter d'un vieil ami de la famille, Pierre commence à se poser des questions qui ne feront qu'aggraver la mésentente cordiale installée depuis longtemps entre les deux frères. Cette histoire de famille qu'on appellerait dysfonctionnelle de nos jours, aborde de façon audacieuse et crédible un sujet qui n'était pas anodin dans les années 1880, celui de l'adultère. Le récit est plutôt simple et resserré sur quelques personnages seulement. Chacun d'eux est marqué et mis en opposition avec ceux des autres. Les points de vue sur l'affaire s'enchaînent donc même lorsqu'il s'agit de ce...

Pot-Bouille (Émile Zola)

Faites ce que je dis ... Le personnage central du très choral  Pot-Bouille (qui signifie "popote" ou "tambouille") est Octave Mouret, issu de la branche de la petite bourgeoisie de l'arbre généalogique des Rougon-Macquart, coincée entre les Rougon proche du pouvoir et les miséreux Macquart. Octave arrive à Paris pour y faire son trou et pour cela, rien de tel que mettre la main sur une maîtresse bien placée, peu importe finalement qu'elle soit mariée ou non. Derrière les portes du bel immeuble cossu et surtout "comme il faut" de la rue de Choiseul dans lequel il s'installe, les adultères, combines d'argent et autres atteintes à la bonne morale y vont bon train, tout cela sous l'oeil blasé des domestiques qui se débattent eux-mêmes dans leurs propres contradictions. L'histoire, resserrée sur le petit monde d'un immeuble bourgeois où l'hypocrisie règne en maître, se situe entre le vaudeville grinçant et le drame social. Il es...

Nana (Émile Zola)

C'est chic ! Émile Zola continue son incroyable peinture naturaliste en s'employant cette fois-ci à raconter, à travers le destin de Nana, fille de Germaine Macquart ( L'assommoir ), le monde des courtisanes, apparemment très en vogue pendant le Second Empire. Ces "cocottes" gravitaient autour de personnages plus ou moins importants de la société parisienne et notamment de jeunes gens qui, par ces fréquentations discutables, cherchaient à accéder au "chic", se délestant au passage de leur petite fortune. En tout cas, c'est que raconte l'écrivain quand il profile habilement le personnage de Nana, qui préfère devenir prostituée que rester fleuriste. Rien d'étonnant à ce que le roman ait fait scandale à sa publication en 1880 car les situations scabreuses surgissent régulièrement au cours du récit. Pourtant, on est loin de l'apologie. Si Zola n'y est pas allé de main morte, c'est pour mieux dénoncer les dérives de l'élite de l...

Chez les heureux du monde (Edith Wharton)

La roue de la fortune Étrangement, j'ai beaucoup pensé à Jane Austen en lisant ce roman. Avant ça, je croyais d'ailleurs qu'Edith Wharton était britannique. Elle est en fait américaine et semble avoir consacré une bonne partie de sa vie littéraire à dresser le portrait de la société mondaine new-yorkaise de la première partie du vingtième siècle, comme sa consoeur déjà citée l'avait fait avec la belle société anglaise du siècle précédent. A ceci près que le regard de Wharton est acéré, critique, moderne, voire féministe alors que celui de Jane Austen est davantage conventionnel et prude, à son image. Chez les heureux du monde  ( The house of mirth ) a un gros point fort : son personnage principal, Miss Lily Bart, une héroïne marquante que le lecteur a du mal à oublier une fois le livre refermé. Le roman est suffisamment dense pour qu'en l'espace de plus de 400 pages d'un livre de poche, ...

Une page d'amour (Émile Zola)

Le ciel de Paris Une page d'amour  m'apparaît comme une pause dans la progression de l'œuvre des Rougon-Macquart. J'imagine aisément Émile Zola l'appréhender un peu comme une récréation après le dense et dramatique L'assommoir qui a dû lui prendre beaucoup d'énergie à écrire et ensuite à assumer. Ce huitième volet contient beaucoup moins de scènes descriptives et/ou spectaculaires que son prédécesseur. Le lecteur y trouve tout de même de jolis moments marquants, comme la crise d'épilepsie ou tétanie de Jeanne en début de roman ou encore la charmante fête organisée en l'honneur du petit Lucien. Le roman prend la forme d'une sorte de huis clos avec quelques personnages récurrents, les autres apparaissant ici et là pour donner un peu de profondeur à l'histoire et de couleurs au quartier de Passy. Zola y plante le décor de son scénario bâti autour de la passion amoureuse et de la maladie. On est loin du ...

L'assommoir (Émile Zola)

"L'odeur du peuple" Gervaise Macquart, épouse Coupeau, est l'un des personnages emblématique de la littérature classique française, comme le sont aussi Jean Valjean et Julien Sorel. Elle est en tout cas devenue le membre le plus éminent de la famille Rougon-Macquart. Mon envie était grande de découvrir enfin son histoire. Le retentissement de L'assommoir, le septième de la série, fut grand au moment de sa publication en feuilleton en 1876-1877. Tout autant que le scandale qu'il suscita puisque le portrait du milieu ouvrier parisien au cours du Second Empire, jugé "pornographique" par certains, est absolument sans concession. Les descriptions criantes de vérité qui inondent le roman sont responsables de cette indignation, l'écrivain n'y allant pas par quatre chemins pour dépeindre le quotidien des habitants du quartier de la Goutte d'Or, avec leurs drames, joies, excès et labeur, tout cela avec le verbe haut du Paris populaire....