Bête noire Les fortes chaleurs des jours derniers ne sont pas certainement pas une excuse mais elles n'ont en rien facilité la lecture de Obéissantes et assassines. Sarah Bernstein, auteure canadienne anglophone, a écrit un roman que je juge exigeant, sinueux, digressif, excessivement introspectif et sans réelle intrigue autre qu'une histoire de villageois superstitieux qui s'en prennent (pas vraiment) à une nouvelle venue parce que des animaux meurent quand elle traine dans le coin. L'héroïne, contemplative et détachée, semble à peine dérangée émotionnellement par le rejet qu'elle suscite tout en intellectualisant la situation à plein régime. On comprend (un peu) qu'elle trimballe une obscure responsabilité/culpabilité intergénérationnelle qui lui retombe dessus après une sorte de retour au pays pour (re)devenir la bonniche de son frère. Je n'ai ressenti aucune émotion et encore moins d'empathie pour cette femme qui traverse ces pages tel un fantôme. Et...
De guerre lasse Par amour , énième roman sur la seconde guerre mondiale, se distingue de ses confrères par l'adoption du point de vue d'une famille havraise de 1939 à 1944. D'abord la cible de la Luftwaffe au moment de l'invasion, Le Havre, ville martyre, sera particulièrement bombardée par les Alliés pendant toute la guerre, jusqu'à ce terrible mois de septembre 1944 lorsqu'elle fut rasée à 80%, les Allemands s’étant barricadé pour empêcher la prise du port. Émelie, Muguette, Joffre, Jean et les autres seront tour à tour narrateur de leur histoire familiale empêtrée dans la grande Histoire qui leur tombe dessus. Ce procédé permet de développer les personnalités, de s’y attacher et de faire progresser la dramaturgie du récit. Déluges de bombes, exode, rationnement, lois discriminatoires, maladie, mort ... la tragédie familiale est totale. Et pourtant, comme tout ne peut pas être noir, il y a l'amour, celui pour son conjoint, ses enfants, sa famille, mais a...