Le journal d’une maison de famille Cette année, la légitimité du lauréat du Prix Goncourt semble moins contestée que d’habitude. Attribué à « La maison vide » de Laurent Mauvignier, il récompense une œuvre spectaculaire aux grandes qualités littéraires. Épais de 750 pages, ce roman à la lecture exigeante fait corps avec ses personnages, surtout féminins mais pas que, et avec les évènements intimes et historiques qu'ils ou elles traversent. L'écriture, étirée en longues phrases, les tourne et les retourne pour en tirer leur substantifique moelle et créer, avec une grande force narrative, une grandiose fresque autour du passé réinventé de la famille de l'auteur sur la base de ce qu'il en sait. La fiction devient réalité et « C’est cette réalité qui se dessine qui deviendra la seule, même si elle est fausse, car la réalité vécue s'est dissoute et n'a aucune raison de nous revenir ; le récit que j'en fais est comme une ombre déformée trahissant la présence d...
Le monde est stone Quand on possède comme moi tout de l'esprit cartésien de notre monde occidental et une confiance quasi aveugle dans la science, il est malaisé de donner son avis sur un tel ouvrage qui prend la forme à la fois de l’enquête, de l’essai et du témoignage. À vrai dire, je l’avais choisi dans l'espoir de dénicher quelques clés pour tenter d’apprivoiser l'idée absurde de sa propre mort, vous savez ce grand néant après le trépas ? Pour ce qui est du nouvel angle sur la mort, le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçu. La mort n'existe pas, c'est écrit dans le titre, mais je pensais que c’était une façon de parler, histoire d’adoucir le propos, de consoler le futur défunt qui sommeille en nous. Bien naïf j’étais. Si on en croit l'auteur et journaliste Stéphane Allix, la mort cérébrale entraîne la disparition de l’égo, c’est à dire la conscience de notre individualité, et conséquemment le passage à une "vie après la vie" où ma...