Le fumier Je fais lentement mais sûrement mon petit bonhomme de chemin à travers la fresque des Rougon-Macquart. Le 18ème et antépénultième tome est cette fois-ci une plongée dans l’univers de la haute finance et de la spéculation boursière au palais Brongniart sous le Second Empire. Malgré le personnage de Madame Caroline, conscience morale et pourtant tentée par le diable, « L’argent » est un épisode assez masculin et plante dès le premier chapitre le décor flamboyant et presque monstrueux du palais de l'argent, fumier de l'humanité entre poison et terreau du progrès. Comme à son habitude, Émile Zola réalise une incisive peinture sociologique de son temps. Il connaît son sujet sur le bout des doigts et concocte un thriller financier de haut vol qui, au premier abord, peut apparaître assez aride. Mon environnement professionnel m’a aidé à apprécier l’aspect financier des enjeux en place. Parmi la foule d’intervenants avides de gains, il y a ceux qui jouent à la hausse et ceu...
Mais pas exemplaire "Ne point trop en dire et se laisser surprendre par le dénouement", voilà en substance le message de celles et ceux qui, ici ou ailleurs, m'ont influencé pour lire le dernier roman de Pauline Clavière. Et, en effet, on est troublé par ce thème difficile dans la droite ligne des préoccupations actuelles de la société. "Spécimen" ressemble à un thriller social, intime et psychologique entre quête de soi-même et enquête judiciaire avec procès à la clé. Et le twist, logique mais pas moins saisissant, est le bienvenu car il rassemble le puzzle et explique beaucoup des ressorts du récit. J’aurais trouvé intéressant d'entrer plus avant dans la tête du spécimen en question car quand bien même la narration passe d'un personnage à l'autre, elle privilégie certains autres protagonistes. Il faut dire que c’est une entreprise bien délicate pour un écrivain d’adopter le point de vue d’un tel accusé. Pauline Clavière le fait avec subtilité e...