Cornélien 1951 (année de parution du roman), un jeune homme se souvient de son été 1945, juste après la libération, lorsque ses parents lui imposent un précepteur pour rattraper des années de guerre peu studieuses. Jeune dandy, charmant et excentrique, son professeur va séduire toute la famille. Ce sera l'équilibre avant la tragédie ... Ce (trop) court roman est un petit bijou d'écriture par son style fluide, élégant et de facture plutôt classique qui déploie subtilement une expérience troublante et ambigüe pour ce "petit garçon" qui ne comprend pas toute l'ampleur des enjeux. J'ai adoré la façon avec laquelle l'auteur énonce les non-dits que nous adultes du 21ème siècle comprenons entre les lignes. Était ce aussi clair pour les lecteurs des années 50 ? En tout cas, même si les mœurs et les temps ont évolué, on continue souvent à juger les gens pour ce qu'ils sont plutôt que pour ce qu'ils font. Christian Bourgeois éditeur - page 113 Vous vous so...
Chez lui, ailleurs Je connais bien les romans de Douglas Kennedy, ses récits et témoignages un peu moins. Celui-ci m'a tout de suite tenté car il semblait approfondir la relation ambigüe que l’écrivain américain entretient avec son pays et qui transpire dans chacun de ses romans. Les États-Unis sont clairement le sujet de "Ailleurs, chez moi". Avec clarté et sans aucune complexité sociologique ou politique, il explique comment l’Amérique en est arrivée à voir co-exister deux pays en un dans une sorte de préquel de son récent roman Et c'est ainsi que nous vivrons. Dans cette dystopie, les Etats-Unis sont politiquement coupées en deux avec Minneapolis (!) en zone neutre. Compte tenu du titre que l’on peut interpréter de deux façons, et sans être déçu pour autant, je m’attendais à voir l’auteur davantage évoquer sa double nationalité américaine-irlandaise, sa relation avec l’Europe qu’il connaît très bien pour y passer une grande partie de son temps, et donc la dualité...