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Articles

Affichage des articles associés au libellé - Romans contemporains anglo-saxons

Le lac de nulle part (Pete Fromm)

  Entrelac Fin novembre, c'est la fin de la saison dans les grands parcs nationaux canadiens. Lorsque Trig et Al, frère et soeur jumeaux américains, se voient proposer par leur père un périple d’un mois à sillonner la région en canoë comme au bon vieux temps, ils s'en étonnent mais acceptent l'aventure. J’ai découvert pour l’occasion l’existence de la pratique du canoë-camping qui consiste, peut-être dans sa forme la plus immodérée, à avancer à la pagaie des journées entières, à passer de lac en lac par "portage" à bout de bras de tout le matériel, à pêcher quotidiennement sa nourriture et à monter un campement chaque soir en pleine nature. À ses risques et périls. Pete Fromm, un illustre représentant de la littérature "nature writing" américaine, connait son sujet. Son écriture évocatrice restitue parfaitement les sensations de son sport mais aussi le Canada, ses lacs, ses forêts, sa faune, son climat, ses dangers et sa beauté. Le lecteur est immergé au...

Obéissantes et assassines (Sarah Bernstein)

Bête noire Les fortes chaleurs des jours derniers ne sont pas certainement pas une excuse mais elles n'ont en rien facilité la lecture de Obéissantes et assassines. Sarah Bernstein, auteure canadienne anglophone, a écrit un roman que je juge exigeant, sinueux, digressif, excessivement introspectif et sans réelle intrigue autre qu'une histoire de villageois superstitieux qui s'en prennent (pas vraiment) à une nouvelle venue parce que des animaux passent l’arme à gauche quand elle traine dans le coin. L'héroïne, contemplative et détachée, semble à peine dérangée émotionnellement par le rejet qu'elle suscite tout en intellectualisant la situation à plein régime. On comprend (un peu) qu'elle trimballe une obscure responsabilité/culpabilité intergénérationnelle qui lui retombe dessus après une sorte de retour au pays pour (re)devenir la bonniche de son frère. J’ai ressenti peu d’émotion et encore moins d'empathie pour cette femme qui traverse ces pages tel un fan...

La déroute (Emma Pattee)

  Contrecoup Annie, une jeune américaine de la côte ouest des États-Unis, est enceinte de neuf mois. Alors qu'elle fait des achats dans un magasin de la périphérie, un énorme tremblement de terre terrasse sa ville de Portland, Oregon. Et très probablement une zone beaucoup plus large mais les protagonistes comme le lecteur sont dans l'ignorance puisque l'auteure focalise uniquement sur le point de vue d'Annie et celui indirect des quelques personnes désemparées qui croisent son chemin. Sans moyen de communication, dans une ville dévastée, elle n'a qu'une idée en tête : retrouver son mari et mettre son bébé à naître en sécurité. La déroute est une très belle surprise qui m'a un peu pris à contre-pied. À la place du livre escompté proche de la dystopie avec une dose certaine d'action pure, on est en réalité plutôt dans le roman intime. À l'occasion d'un contexte particulièrement dramatique, les angoisses existentielles sur le couple, la maternité,...

La chambre de Giovanni (James Baldwin)

  Victimes expiatoires Dans le Paris de l'après-guerre, David est un jeune Américain tiraillé entre une relation conformiste avec Hella, une compatriote, et son attirance difficile à assumer pour Giovanni, un serveur Italien. David partagera pendant quelques mois la chambre de Giovanni, le temps d'un voyage de sa quasi fiancée à l'étranger. Ce classique de la littérature américaine, écrit au milieu des années 50, est une bonne immersion dans la communauté homosexuelle de l'époque, tolérée si cantonnée dans son ghetto. Cette marginalisation fabrique notamment des tristes sires comme Jacques et Guillaume, personnages mesquins et profondément malheureux qui profitent de leur niveau de vie pour entretenir des relations déréglées avec des garçons à la dérive. David, lui aussi, fréquente ce Paris-là.  Il est authentiquement tenaillé par son désir pour Giovanni, pauvre bougre plein de sincérité aux faux airs de gigolo que la vie malmène et qui en fera les frais. Hella et lui s...

A prendre ou à laisser (Lionel Shriver)

  Should I stay or should I go ? Kay et Cyril, deux britanniques quinquagénaires se font une promesse : se suicider à 80 ans pour s'éviter la déchéance physique et/ou mentale de la dernière partie de leur vie et, par la même occasion, ne pas être un poids pour leurs enfants et la société. Lionel Shriver propose une douzaine de scénarios différents possibles pour l'épilogue d'une décision plus facile à énoncer qu'à appliquer. Le roman commençait bien car il promettait ce que j'espérais : l'analyse des différentes alternatives offertes aux gardiens d'un tel secret, la date fatidique arrivant à grand pas, y compris leurs dilemmes et scrupules. Un sujet difficile qui m'intéresse tout particulièrement et traité avec une dose bienvenue d'humour et d'ironie ainsi que l'irruption de circonstances inattendues, comme le Brexit ou la crise du Covid, qui ajoutent du piment au débat. A ma surprise, le roman change assez rapidement de direction. Bye bye la...

Les chutes (Joyce Carol Oates)

Attraction fatale Niagara Falls 1950. Le premier époux d'Ariah se jette dans les chutes le lendemain de leurs noces, et le second, un brillant avocat rencontré sur les lieux du drame, va prendre à bras le corps un scandale sanitaire majeur qui secouera durablement sa famille. Un héritage compliqué pour leurs enfants devenus adultes à la fin des années 1970. Et en filigrane, la présence hypnotisante des chutes ... Grand roman familial américain dont l'action se déroule sur trente ans, Les chutes  de Joyce Carol Oates dégage profondeur et vérité tout en possédant un grand souffle romanesque. Comme beaucoup d'auteurs américains, Oates réalise une peinture sans concession de son pays et une galerie très travaillée de personnages issus de toutes les couches de la société et qui prennent toute leur place dans l'histoire et son contexte. Celui d'Ariah, femme complexe à la fois attachante et désobligeante, est le plus abouti. Une oeuvre dense et intense. J'attendrai peu...

Le dernier rivage (Nevil Shute)

Extinction sans rébellion 1963. Une guerre nucléaire éclair a anéanti l'hémisphère nord. L'Australie est l'un des derniers rivages qui n'est pas encore atteint par le nuage radioactif qui s’étend inexorablement. Ce n'est plus qu'une question de temps. Un sous-marin américain, dorénavant basé à Melbourne, part en exploration vers le nord pour constater l'étendue des dégâts. Malgré le pitch, le roman n'est pas un roman de guerre ou un thriller, même si bien sûr le suspense n'est pas absent, puisque le lecteur comme la poignée de personnages du roman a l'espoir malgré lui qu'il y ait une porte de sortie. On est davantage dans un récit psychologique et intimiste. Ni héros ni salaud. Chacun face à sa propre fin. Au premier abord, ce livre est perturbant. Il m'a fallu du temps pour consentir à l'écriture simple, froide et sans style telle qu'elle m'apparaissait. J'ai cru au début que c'était parce que le roman date des année...

Les hommes ont peur de la lumière (Douglas Kennedy)

  L’ombre et la lumière Avant de commencer la lecture de l’avant-dernier livre de Douglas Kennedy, on m'avait prévenu : l'auteur tourne autour du pot, l'histoire met du temps à démarrer et dans le genre roman noir, on repassera. Je ne m’en suis pas soucié car j’aime ses romans justement pour ces raisons et j'ai évidemment aimé celui-ci aussi. Nous ne sommes pas ici pas dans un thriller de fou, c’est certain mais il y a une montée progressive de l’intrigue avec une explication de texte bienvenue autour du sujet de l’avortement. L’auteur installe le contexte et palabre à bon escient sur le quotidien du personnage principal, conducteur pris en otage économique par Uber. Il dresse surtout, comme à son habitude, un portrait amer de son pays aux idées de plus en plus polarisées et raconte l'affrontement ouvert entre pro-lifes et pro-choices, une démonstration qui peut sembler caricaturale mais qui ne l'est pas. Et puis, ce qui me plaît aussi, c’est qu’il nous laisse l...

Le coeur de l'Angleterre (Jonathan Coe)

Middle England Cela faisait un moment que j'étais curieux de découvrir Jonathan Coe, un auteur britannique qui aime raconter son pays sous l'éclairage de son climat politique et social. Ce roman-ci m'a aimanté car il parle du Brexit, un sujet que je trouve inhabituel en littérature. Comme l'annonce la quatrième de couverture, après l'union nationale au moment des JO de 2012 survient la désunion avec le référendum de 2016 qui provoquera la sortie du Royaume Uni de l'UE en 2020. Le coeur de l'Angleterre, c'est ici la région de Birmingham ou encore, comme le dit l'écrivain lui-même, l'Angleterre profonde, celle qui a peur de la mondialisation, de l'immigration, de l'appauvrissement, du déclassement d'un pays attaché à ses valeurs traditionnelles, en somme un pays comme un autre. Sauf que le pays est une île, que la situation se cristallise, le pays se divise en deux camps et le parti conservateur décide de jouer aux dés en consultant les...

Et c’est ainsi que nous vivrons (Douglas Kennedy)

  Guerre froide À la librairie La bicyclette bleue , Douglas Kennedy précisait que son nouveau roman ne sortirait aux États-Unis qu'en 2024. Après les primaires de l'élection présidentielle ? Le sujet de ce roman d'anticipation ou de dystopie, je ne sais pas quel terme convient, est en effet "touchy". Nous sommes en 2045, la sécession des États-Unis a eu lieu une dizaine d'années auparavant. Les états anciennement démocrates forment un pays progressiste dont la liberté est pourtant limitée par une surveillance immodérée, tandis qu'une théocratie inflexible règne sur les "flyover states", ces états au centre du pays acquis aux idées du parti républicain. Vous l'avez compris, Douglas Kennedy nous décrit ce que pourrait devenir son pays, et par extension notre monde, si l'actuelle accentuation de la polarisation des idées prenait un tour ... définitif. Comme à son habitude, Kennedy est le meilleur quand il décrit, dissèque et analyse les res...

Home (Toni Morrison)

Home is where it hurts Je crois qu'avant même d'avoir ouvert Home de Toni Morrison, j'étais fermement décidé à en raffoler. Pas de ce roman en particulier mais de toute oeuvre de l'auteure américaine, lauréate du prix Nobel de littérature qui semble avoir consacré une partie importante de son oeuvre à l'identité noire dans une Amérique ségrégationniste. Je ne pouvais qu'aimer et de fait je n'ai pas détesté, loin de là, mais une forme de distance s'est rapidement installé entre moi et les quelques personnages quelque peu sous-exploités d'un roman au format court et à la narration polyphonique. L'écriture est franchement belle et dégage une atmosphère à la poésie noire mais le style aux accents lyriques rend le récit aux ressorts clairement réalistes, presque irréel, voire vaporeux, comme si Toni Morrison ne souhaitait pas faire peser sur le lecteur toute l'étendue du drame qui se noue. Frank, un noir américain brisé par la guerre de Corée, tr...

Call me by your name (André Aciman)

Aller à la "pêche" Le titre du roman est très beau. « Appelle-moi par ton nom et je t'appellerai par le mien » ou l'histoire de la fusion totale pendant quelques semaines entre deux jeunes hommes au cours d'un été des années 80. Avant de tomber dans les bras l'un de l'autre, les deux amants se tournent d'abord autour pendant un petit bout de temps (perdu). Et presque davantage que la liaison dont on devine l'intensité par quelques scènes torrides, c'est ce que je retiens du livre : la frustration de ne pas obtenir l'autre qui précède la terrible perspective de le perdre dans quelques jours. 😥 Cette dramaturgie participe évidemment au plaisir de la lecture que nous offre André Aciman. Ça et ses personnages Elio et Oliver qui font indéniablement rêver. On aimerait être à leur place : jeunes, beaux et bronzés à passer tout un été dans une belle villa italienne, à se baigner, jouer du piano, lire, écrire, aller boire des coups à la piazzetta d...

Là où chantent les écrevisses - Delia Owens

Jolie plume Parents, frères et soeurs sont partis sur les routes en laissant Kya grandir seule au milieu des marais. À l'écart de la population locale, la petite fille ne veut compter que sur elle-même et sur les oiseaux de la lagune pour (sur)vivre. Devenue adulte, deux hommes seront irrésistiblement attirés par elle ... pour le meilleur et pour le pire. Souffle romanesque, puissance des sentiments et intrigue pleine de mystère, le roman m'est apparu polymorphe : romance, historique, sociologique, écologique, d'apprentissage, thriller, policier, de procès. Un palpitant mélange de genres. Pourtant, la particularité la plus marquante de cette fiction riche à tous points de vue est évidemment son ode à la nature, à la liberté et à la solitude. À peine sorti de ses pages, le lecteur n'a qu'une envie : aller trainer là où chantent les écrevisses et nourrir les mouettes et les goëlands de la plage de Kya. Delia Owens raconte avec talent le sud des États-Unis des années 5...

Pastorale américaine (Philip Roth)

Une histoire américaine « Pastorale américaine » ou le portrait de l'Amérique du vingtième siècle par le biais autofictionnel habituel de Philip Roth, celui de la communauté juive de Newark, New Jersey.   Couple parfait sur le papier, à tous points de vue conforme au rêve américain, « Le Suédois », sportif plein d'allure au lycée et maintenant chef d'entreprise, et son épouse, ancienne reine de beauté en quête de sens, n’échapperont pas aux drames que la vie ne manque pas d'apporter à tout un chacun. Leur fille unique, prunelle de leurs yeux, n'est pas aussi douée qu'eux pour le bonheur. Cela va quelque peu noircir le tableau. Ce roman m'a en quelque sorte fasciné par sa structure. L'histoire qui nous est racontée est relativement simple mais elle est tissée de digressions incessantes qui se succèdent les unes aux autres dans un fourre-tout qui n'est évidemment qu'apparent. Quand l’écrivain s’empare d’un épiphénomène du récit, il le tord dans...

Isabelle, l'après-midi (Douglas Kennedy)

  French garçonnière Dans  Isabelle, l'après-midi ,  Douglas Kennedy utilise la même recette que pour sa précédente trilogie  La symphonie du hasar d , celle de la chronique au long cours. Cette fois-ci, il choisit de suivre entre les années 1970 et les années 2000, le destin intime d'un jeune Américain tombé fou amoureux d’une Française. Isabelle, Parisienne mariée et plus âgée, le reçoit certains après-midi de la semaine dans son appartement de la rive gauche. Quand les Françaises restent des Françaises mais que les conventions sociales sont plus fortes que tout le reste ... Avec son habituel talent pour les récits intimes, son sens aiguisé de la critique sociologique, française comme américaine, et juste ce qu'il faut de clichés, Kennedy raconte cette passion contrariée, faite de compromis et de faux-semblants. Pour le jeune homme, il faut pourtant bien la vivre jusqu'au bout, sa romance à Paris, plutôt que ne pas la vivre du tout. Un roman juste, incisif et...

1984 (George Orwell)

Sousvivre* Ma première lecture de ce livre date justement des années 1980. J'avais été impressionné par un sujet qui, plus de 30 ans après, est plus que jamais d'actualité, voire nous pend au nez, au moins dans certaines régions du monde. Ce qui m'a interpellé cette fois-ci est de constater à quel point George Orwell pressentait l'arrivée des technologies qui, depuis, ont eu le temps de s'installer dans nos vies. Quand bien même les télécrans décrits dans son roman, publié en 1949, semblent bien rétro en 2021, ils ne l'étaient pas encore tant que ça en 1984. Je me souvenais pas mal de l'univers oppressant décrit par Orwell, un régime totalitaire qui annihile absolument toute liberté individuelle au profit d'un incompréhensible intérêt (pas du tout) général. Les explications sur le "néoparler", la langue officielle de cette nation dystopique, et sa propension à réduire la richesse du langage et donc la réflexion de ses habitants pour mieux les s...

Frank et Billy (Laurie Colwin)

  Les charmes discrets de la vie extra-conjugale Laurie Colwin serait célèbre, voire culte, aux États-Unis, grâce à des romans tels que Frank et Billy publiés en France après sa mort. Je vois très bien ce qui peut plaire au public cible, de toute évidence davantage féminin que masculin, dans cette littérature aux accents tendres et spirituels qui, l'air de rien, réalise une subtile critique de la bonne société américaine et de la vie de couple. Personnellement, je n'y ai pas particulièrement trouvé mon compte. La première partie n'est pas désagréable car on découvre de l'intérieur la liaison secrète de Francis (Frank) et Josephine (Billy), pourtant engagés chacun de leur côté dans une vie maritale tout ce qu'il y a de plus réussie. Leurs états d'âme diffèrent grandement l'un de l'autre et sont exploités avec légèreté et recul, ce qui est plutôt bienvenu. J'ai surtout décroché dans la seconde moitié du roman lorsque, leur histoire terminée sans déses...

La librairie des coeurs brisés (Robert Hillman)

  Tomber sept fois, se relever huit Années soixante, Tom est agriculteur à Hometown, Australie. Il est séparé de sa femme qui, à quelques mois d'intervalle, a emporté loin de lui le fils qu'il a élevé et aimé. Le labeur quotidien à la ferme le garde la tête hors de l'eau et quand Hannah, une irrésistible Juive hongroise un peu extravagante, débarque dans le village avec l'idée saugrenue d'ouvrir une librairie, il n'est pas loin d'être prêt à se laisser mettre le grappin dessus. C'est après un début de lecture perplexe, avec la crainte de parcourir jusqu'au bout une romance facile, que le roman gagne heureusement en profondeur au fur et à mesure que le profil des personnages se dessinent et se complexifient, que leurs passés et leurs fêlures se révèlent. S'invitent alors la monstruosité de la déportation juive en Europe et les dérives sectaires d'une communauté chrétienne locale qui densifient et dramatisent clairement le propos. Mais Robert...

Face au vent (Jim Lynch)

Prendre le voile Chez les Johannssen, la voile est une histoire de famille. Chez le père, c'est presque obsessionnel. Sa femme et ses enfants adhèrent mais suivent le rythme sans réellement avoir le choix. Chacun d'entre eux en retire pourtant ce qu'il veut selon son caractère et ses aptitudes. Josh, narrateur et deuxième de la fratrie, soi-disant le moins ambitieux, aime certes naviguer mais surtout bricoler les voiliers, particulièrement ceux des autres. Sa manière à lui d'aider son prochain, de participer à la marche du monde ... Jim Lynch est doué pour absorber le lecteur. Il fait de cette chronique familiale un récit rythmé, vivant, drôle et plein d'anecdotes et remarques sociologiques, scientifiques ou autres, sans omettre pour autant les conflits et les drames qui surviennent inévitablement dans toute famille. Le ton du roman est donc impeccable mais j'ai toutefois éprouvé jusqu'à un certain point un manque d'empathie à l'encontre de cette f...

My absolute darling (Gabriel Tallent)

Kit de survie Je me souviens parfaitement de cette libraire qui conseillait si chaleureusement ce nouveau roman américain de la maison d'édition Gallmeister à la ligne éditoriale si alléchante ( Dans la forêt m'a beaucoup marqué). J'ai patiemment attendu sa version poche pour me faire un avis sur un bouquin suffisamment particulier pour avoir suscité pas mal d'enthousiasme. Un emballement  à peine contrebalancé par quelques avis écoeurés par l'âpreté et la violence du sujet. A trop espérer, on peut être déçu. C'est mon cas, même s'il est facile de discerner les grandes qualités d'un habile premier roman. Dans une Californie du nord à la nature foisonnante, Turtle est une adolescente bousillée par l'emprise abusive d'un père survivialiste qui soit-disant l'adore. Elle fait ce qu'elle peut pour elle-même survivre en milieu hostile. Elle surnage en fourbissant ses armes, y compris ses armes à feu qu...