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Affichage des articles associés au libellé Delphine de Vigan

Les enfants sont rois (Delphine de Vigan)

  Ego trip Delphine de Vigan explore ici les dérives de notre époque en abordant le thème des réseaux sociaux, vaste sujet dont nous connaissons ici les bienfaits et j'espère le moins possible les inconvénients.  Mélanie a toujours voulu être une héroïne de téléréalité. Son idole, c'est Loana dont elle a suivi le parcours dans Loft Story jusqu'à sa sortie triomphale. Elle a tenté sans succès de suivre ses pas. L'avènement de l’Internet participatif sera l'occasion pour elle de devenir une véritable célébrité de YouTube. Sa recette ? Mettre constamment en scène ses deux jeunes enfants dans leur vie quotidienne tout en promouvant des marques. Lorsque sa fille disparait soudain, son monde s'écroule ... Sans même traîner quotidiennement sur YouTube, on devine intuitivement en lisant ce roman, que la fiction rejoint ici sans difficulté la réalité. A ma grande satisfaction, De Vigan verse plus dans l’analyse sociologique que dans le thriller glauque et elle a décidéme...

Les gratitudes (Delphine de Vigan)

Qu'est ce qu'on dit ? C'est toujours mieux en le disant : n'oublions pas de dire "merci" à ceux qu'on aime. Si on les aime, c'est qu'il y a une raison. Michka, elle, voudrait remercier ceux qui l'ont sauvée lorsqu'elle était petite fille pendant la guerre. Et le temps commence à lui manquer puisque aujourd'hui elle entre en maison de retraite. Elle est de moins en moins autonome et souffre d'aphasie, un trouble du langage qui fait que les mots se mélangent entre eux et ne sortent pas comme il le faudrait de sa bouche. Une poésie burlesque jalonnent ainsi les dialogues avec Marie, sa fille de coeur et Jérôme, son charmant orthophoniste, et elle est la bienvenue car le propos est grave, par nature. Au premier abord, Les gratitudes  peut apparaître succinct. L'auteure va à l'essentiel et se concentre notamment sur le présent de la vieille dame, sans s'attarder sur sa longue vie, mis à part quelques détails clés de son enfan...

Les loyautés (Delphine de Vigan)

Quadriptyque Après deux romans plus ambitieux, Delphine de Vigan revient avec un format plus concis tout aussi bien écrit. Je l'ai déjà dit ici, ce qui m'épate chez elle, c'est son aptitude à transmettre justesse et émotion avec quelques mots secs et directs, habilement placés dans ses phrases. Elle nous raconte ici une histoire à quatre voix autour de Théo, un collégien au plus mal entre ses deux parents divorcés qui ne perçoivent plus grand chose de lui alors qu'ils sont plongés dans leurs propres marasmes. Son meilleur pote, la mère de celui-ci et la prof de SVT assistent à sa noyade chacun de leur fenêtre, leur point de vue tronqué ne leur permettant pas d'apercevoir l'entièreté du tableau et encore moins d'intervenir pour l'aider. Les loyautés , ces ficelles invisibles qui relient les êtres les uns aux autres, est un peu trop court. On le referme un peu à regret car on aimerait en savoir davantage de l'épilogue. En même temps, on est sai...

Les heures souterraines (Delphine de Vigan)

Blind date Mathilde et Thibault vivent à Paris et ne se sont jamais rencontrés. Ils s'efforcent, au prix d'un effort grandissant, à respecter leurs obligations respectives alors qu'ils ont le sentiment que la vie les enfoncent chaque jour un peu plus dans le marasme. Mathilde, cadre dans une grande entreprise, est victime de harcèlement moral par son supérieur tandis que Thibault, médecin au bout du rouleau et amoureux malheureux, se déplace chez ses patients eux-mêmes mal-en-point. Seuls et désemparés, et pourtant arbitrairement réunis par l'auteure, on les imagine avoir besoin l'un de l'autre pour se reconstruire. Vont-ils se croiser dans cette ville où chacun s'avère être si facilement transparent pour l'autre et où, plus qu'ailleurs, l'organisation de la société écrase l'individu au nom de l'efficacité et du pragmatisme ? Ce roman m'a immédiatement rappelé Une bonne raison de se tuer de Philippe Besson, encore plus noir e...

D'après une histoire vraie (Delphine de Vigan)

Serpent à plume J'avoue être bon client de la littérature "autobiographique" que propose Delphine de Vigan avec Rien ne s'oppose à la nuit et D'après une histoire vraie . L'auteur se met elle-même en scène en tant que personnage principal de ses romans et encore plus pour celui-ci que pour le précédent lorsqu'il était d'abord question de sa mère. Dans D'après une histoire vraie , elle est la victime de manipulations de la part d'une jeune femme qui va s'inviter insidieusement dans sa vie et vouloir influer sur son écriture. On ne saura probablement jamais la part de vérité dans cette fiction soit-disant inspirée de faits réels. Delphine de Vigan a-t-elle vécu une histoire similaire de près ou de loin ? Je suis tenté de croire que c'est plutôt de loin. A partir de ce constat, est-ce si important de le savoir ? Je me satisfais complètement de ce qui est dit dans le passage reproduit ci-après, issu d'un dialogue entre Delph...

Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan

"et j'ai fait de mon mieux possible, croyez-le" Le peu que je sais sur Delphine de Vigan m'apprend que ses romans sont souvent inspirés de détails autobiographiques et cela paraît être totalement le cas avec Rien ne s'oppose à la nuit , titre joliment poétique et dépressif.  Par l'écriture de ce livre, dans lequel elle se pose elle-même en narratrice, l'auteure réalise une sorte de thérapie personnelle. Elle y évoque plus que largement sa mère, personnage bipolaire et suicidaire, qui a eu une influence non négligeable sur son équilibre psychique. L'avantage d'une telle démarche pour le lecteur est que le récit sonne terriblement juste et le trait n'est en rien trop appuyé. L'inconvénient, en revanche si tant est que cela soit important (ça m'a turlupiné), c'est qu'il est assez malaisé de capter clairement ce qui tient du témoignage et ce qui relève de la fiction. Vendu comme un roman, l'écrivaine parle a priori ...

Les jolis garçons - Delphine de Vigan

Prenez un homme et une femme, secouez violemment Emma aime les jolis garçons, mais aussi et surtout l'image, les regards et l'amour qu'ils supposent. Elle est attirée par la lumière. Se brulera-t-elle les ailes ?   Delphine de Vigan, que je découvre ici, fait le portrait d'une jeune femme complexée et qui pourtant attire diablement le regard des hommes ( Emma, tu es le diable ). Elle vit trois histoires "médiatiques" sous la plume légère, imagée, poétique de l'écrivain, une très jolie écriture que j'ai envie de découvrir dans l'avenir plus largement dans des romans plus consistants qu'elle semble, d'après mes pérégrinations sur la blogosphère, avoir écrit.  Je n'ai rien à redire sur la forme, certains passages m'ont beaucoup touché par leur justesse, leur précision. Je crois que Delphine de Vigan sait de quoi elle parle ... Pourtant, j'aurais aimé en connaître plus sur Emma, jeune femme vaporeuse et insaisissable, qu...