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Articles

Affichage des articles associés au libellé #2 Sorel

Vous parler de mon fils (Philippe Besson)

  Les remords d'un père Une marche blanche s'organise aujourd'hui à Saint-Nazaire. Il y a un mois, Hugo, 14 ans, se donnait la mort dans sa chambre. Son père, le narrateur, raconte le malheur à l'état pur qui terrasse la famille. Comment survivre à l'absence et affronter la culpabilité de n'avoir pas su protéger Hugo du harcèlement scolaire ? Il existe de grosses similitudes entre deux romans de Besson :  Vous parlez de mon fils et Ceci n'est pas un fait divers . Le choix d'évoquer un sujet de société, de dénoncer d’impardonnables errements criminels et de poser en narrateur une victime collatérale broyée à jamais par un drame insupportable. Ma remarque n'est pas franchement une critique mais j'avoue espérer qu'il n'y ait pas un troisième roman sur le même moule car il y a dans ce type de récit un procédé un peu trop démonstratif, des personnages et des réactions attendues sinon caricaturales qui en font un témoignage poignant et un réqu...

Ces orages-là (Sandrine Collette)

  L'emprise Les trois romans de Sandrine Collette lus précédemment contaient des intrigues singulières, intemporelles et sans repère géographique clairement identifié. A contrario, « Ces orages-là » se passe de nos jours en région parisienne et traite d’un thème très actuel : une jeune femme tente de se reconstruire après une relation hautement toxique avec son compagnon pervers narcissique. Malgré l’incontestable nécessité de traiter du sujet comme il se doit sans faux-semblant et filtre qui amoindriraient le propos, l’écriture sombre et sèche de l’auteure, sans que je sache trop l’analyser, m’a moins convenu dans un tel contexte. On ne peut pourtant pas dire que la noirceur habituelle chez Sandrine Collette ne sert pas le portrait psychologique d’une femme détruite intérieurement. La souffrance est remarquablement bien retranscrite. Son obsession à l’encontre de son ex-bourreau, accompagnée de douleur et de terreur, souligne l’emprise malgré la distance physique. Le lecteur capte...

Emile Zola - La bête humaine

  Tout le monde déraille Parmi   les Rougon-Macquart les plus célèbres, lus à l’adolescence pour la plupart,  La bête humaine était probablement le tome que j’avais le plus hâte de découvrir. Malgré sa réputation, il m’a moins plu que L’assommoir , Germinal ou encore Le bonheur des dames et que d'autres beaucoup moins connus (je pense à La Terre  ou à  Pot-Bouille ). Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi car encore une fois, la proposition de Zola est forte et accrocheuse dans ce polar social noir, sorte de thriller autour du monde ferroviaire et de celui du crime et de la justice (deux projets d’écriture que l’écrivain aurait finalement décidé de fusionner pour faire tenir sa saga en vingt romans). Dans ce tome, on ne quitte pas une minute le milieu des cheminots et tout particulièrement la ligne de chemin de fer Paris St Lazare-Le Havre. L’intrigue se déroule à l’intérieur ou autour des deux gares, ou le plus souvent le long des rails entre les deux. Le...

Le courage des autres (Hugo Boris)

Le blues du RER Le courage des autres , c’est celui des usagers du métro et du RER franciliens qui expérimentent un quotidien souvent pénible ou compliqué. La faute aux rames bondées, aux incidents techniques et aux incivilités banales ou caractérisées. Ce sont d’abord les « aventures » racontées par Hugo Boris, qu’il a vécues avec ceux qui font chaque jour la navette domicile-travail. L'écrivain rend hommage à sa façon aux héros du quotidien qui ont la force d’être exemplaires face au stress ou à certains comportements hostiles. Il y a aussi quelques anecdotes triviales ou sympathiques et quelques expériences marquantes, voire extra-ordinaires, comme quand il croise le chemin de cette vieille dame juive … L’originalité de ce livre réside dans le fait qu’il se raconte lui-même. Face à ces rencontres subies, il se dépeint souvent en poule mouillée, terrassé par la peur des conséquences d’une réaction face au danger. Dans ce genre de circonstance, on a tous ressenti l’envie de se fai...

Clamser à Tataouine (Raphaël Quenard)

Serial talker J'ai surfé sur la tendance en me procurant le premier roman de Raphaël Quenard. Enfin, j'ai surtout cédé au charme du garçon et à son entreprise de promotion/séduction de ces dernières semaines. Comparaison recevable ou non, j'ai eu la sensation de lire un roman d'Amélie Nothomb en version masculine, violente et crue. Toute proportion gardée car je m'attendais à un récit plus dérangeant, à des descriptions plus gores des meurtres qui parsèment le récit. En même temps, tout ça est amplement suffisant. Le roman se lit vite et bien. Et il est intelligent. Le scénario de serial killer n'est pas excessivement original, il est pas mal prétexte à livrer les réflexions d'un garçon désabusé de notre époque derrière lesquelles on reconnait (ou on veut reconnaitre) la gouaille habituelle de l'acteur dorénavant écrivain. Cible atteinte. Flammarion - pages 45 et 46 Mon point fort, c'est que pendant un temps - désormais révolu - j'ai eu la chance...

Le jour du chien (Caroline Lamarche)

  Nom d'un chien Un chien affolé court le long d'une autoroute. Interloquées et impuissantes, six personnes dans leur véhicule y verront une métaphore de leur vie et de ses impasses comme un révélateur des souvenirs et des manques. Caroline Lamarche concocte ici six courts portraits au sein de ce qui s'apparente davantage à un recueil de nouvelles qu'à un roman tant la présence du chien en commun est à la fois centrale mais aussi trop fine pour construire à mes yeux six chapitres cohérents qui ne font qu'une seule et même histoire. Avec le ton adapté à chacun, l'écriture de l'auteure reproduit brillamment le monologue intérieur des protagonistes avec beaucoup de talent et de personnalité, en passant par exemple de la simplicité du camionneur mythomane à l'érudition du prêtre esseulé. Pourtant, à la première lecture, j'avoue avoir un peu beaucoup peiné à entrer dans chacun de leur monde, à m'intéresser à leur cas et donc à ressentir de l'empat...

Prochain arrêt (Alex Schulman)

  Train de vie Il est finalement assez inhabituel pour moi de choisir seul un livre sur un étal de librairie sans les avis d’Instagram ou de mon entourage. Pour  Prochain arrêt d'Alex Schulman, aucune réputation n'était arrivée jusqu'à moi, ce sont les première et quatrième de couverture ainsi que la nationalité suédoise de l'auteur qui ont fait pencher la balance. Ici point de thriller à la suédoise, j'ai le sentiment que le roman aurait tout aussi bien pu être de la littérature blanche française. Trois voyages dans le même train vers la même petite ville à trois époques différentes entre les années 70 et maintenant. Et une construction recherchée qui alterne les points de vue en donnant de l'épaisseur à la narration avec le défaut mineur de brouiller un peu le tableau d'ensemble. À moins que ce manque de fluidité et de clareté, qui n'a pourtant pas gâché ma lecture, soit là à dessein pour illustrer la lutte des personnages contre le manque, la solitud...

Passer l'hiver (Olivier Adam)

  Hors saison Ce recueil de neuf histoires courtes, hautement cafardeuses il faut bien le dire, sont autant de portraits de personnages déprimés, inadaptés, anesthésiés et tous enfoncés dans leur quotidien routinier, les angoisses, la solitude, les blessures invisibles, l'absence de perspectives et j'en passe ... Ambiance. Olivier Adam est aussi doué pour les nouvelles que pour les romans. À chaque fois, il parvient à poser un personnage et un contexte en un minimum de lignes. Bâties dans la concision, ses histoires on ne peut plus humaines mettent en lumière son talent évocateur et impressionniste. Le lecteur a le temps de comprendre de quoi il retourne et d’être saisi par l’émotion même si, il faut bien l'avouer, c'est un peu frustrant de quitter trop tôt des personnes dont le destin est juste esquissé. Autre réflexion sur ce recueil : les neuf nouvelles m'ont donné l'impression de se ressembler et donc à toutes se valoir. Aucune n'est sortie du lot et pou...

Taormine (Yves Ravier)

  Un coup dans l’aile Luisa et Melvil, touristes français, décident de rayonner en Sicile à partir de la belle ville de Taormine où ils ont loué une chambre d'hôtel. Mais, à peine ont-ils mis les pieds dans l'île que de mauvaises décisions les amènent dans une direction quelque peu inattendue. Yves Ravey, que je découvre ici, m'a surpris avec ce roman assez bref des Éditions de Minuit. Le style d'écriture, sans me déplaire, m'a un peu déconcerté. Assez descriptif, avec un narrateur qui reste étrangement à distance, il donne au roman un faux air de journal de bord, mon impression se confirmant avec sa conclusion un peu expéditive qui ressemble à une interruption comme si le narrateur, rattrapé par la patrouille, n'avait pas eu le loisir de conclure. Le roman débute plutôt posément avec le récit d'un couple en vacances et surtout en plein doute qui aimerait se détendre malgré ses problèmes à régler. Anxiété et tracas vont monter crescendo pour tout à coup s...

Voyage avec un âne dans les Cévennes (Robert Louis Stevenson)

Robert Louis dans les Cévennes Un couple d'amis s'apprête à "faire le Stevenson", c'est à dire entreprendre la randonnée à étapes dans les Cévennes sur une douzaine de jours sur les pas de Robert Louis Stevenson, l'auteur écossais qui en a tiré après coup un récit à partir de son carnet de voyage. Le poche un peu poussiéreux trainait depuis longtemps dans un coin de ma bibliothèque, ça a été l'occasion de le ressortir. En 1878, en compagnie de l'ânesse Modestine avec qui il aura une courte et mouvementée relation, il partira de Monastier-sur-Gazeille (Haute-Loire), où il résidait depuis son arrivée dans la région après une grosse déception amoureuse, et arrivera douze jours plus tard à Saint-Jean-du-Gard (Gard). Même s'il l'exprime peu dans son livre, il est fort à parier que cela lui aura permis de réfléchir à son avenir. Dans son récit, il décrit assez largement les paysages traversés, la riche histoire de la région (Le loup de Gévaudan, la r...

Le rêve (Émile Zola)

  Jusqu'au bout de son rêve Je souscris à l’affirmation généralement admise que  Le rêve  d’Émile Zola n'est pas, dans la série des Rougon-Macquart, un tome comme les autres. Ce qui me frappe est sa relative brièveté par rapport aux dix-neuf autres romans et sa forme un peu éthérée, de l’ordre du conte. C'est particulièrement flagrant après La Terre , roman ambitieux et autrement plus concret. Ici, comme son nom l'indique, on est dans le rêve, le mysticisme, la naïveté et le romantisme d'une jeune fille, Angélique Rougon, abandonnée puis recueillie par une famille de brodeurs, une profession qu'on a plaisir à découvrir. Elle va grandir à l'ombre d’une cathédrale, influencée par les représentations de saintes martyres sur l'édifice et dans ses lectures. Son âme tourmentée et déréglée, dans la ligne héréditaire de la dynastie zolienne, vivra intensément le rêve qui est en elle et qui se matérialisera en la personne de Félicien, un jeune et beau peintre ver...

Café sans filtre (Jean-Philippe Blondel)

  Chez Jo Au café Tom's, il n'y a pas foule. On sort tout juste du confinement et on hésite à s'enfermer à l'intérieur. Quelques personnes y travaillent, les clients défilent ou squattent. Jean-Philippe Blondel donne la parole à chacun d'eux en les adoptant tout à tour comme narrateurs de leur histoire personnelle, le temps d'un ou de plusieurs chapitres. Un roman choral donc même si certains personnages prennent la lumière plus que d'autres, ces derniers ne faisant que passer. Paradoxalement, ce sont ceux de passage qui m'ont le plus séduit : la mère et son fils, l'écrivain et son ami d'enfance… À chaque fois, deux points de vue intéressants sur la même situation. Dommage ça s’arrête là. L'intrigue principale entre l'ancienne et le nouveau propriétaire, le serveur et la jeune cliente installée au fond du café, ne m'a pas excessivement touché. Presque étonnamment, je dirais, car habituellement le récit de destins ordinaires est un pro...

Tsunami (Marc Dugain)

Elysée blues Je n'avais pas forcément envie de relire tout de suite du Marc Dugain après l'exigeant Ils vont tuer Robert Kennedy  pourtant beaucoup apprécié, mais j'ai attrapé  Tsunami  sur un coup de tête après la lecture de la quatrième de couverture. N'est-il pas irrésistible d’avoir l’occasion d’entrer dans la tête d'un président de la république française le temps d'un court roman ? Il ne s'agit pas ici d'un thriller politique mais plutôt d’une sorte de panorama en fiction de la vie élyséenne. Aucune péripétie de la vie professionnelle et personnelle d'un président en exercice n'est véritablement approfondie mais elles sont nombreuses et, je pense, pas si exagérées que ça quand on sait à quel point la réalité peut dépasser le fiction. L'occasion pour l'auteur, qui a le sens de l'analyse, d'exprimer toutes sortes de considérations sociologiques et politiques, avec souvent force cynisme, voire second degré. Et l'occasion po...

Le colonel Chabert (Honoré de Balzac)

  Ciel mon mari Surprise ! Je croyais avoir affaire à un long roman, un épais classique débordant de descriptions et d’aphorismes sur la grande comédie humaine promise. Certes, il n'en manque pas mais l'ouvrage d'Honoré de Balzac tient dans 160 pages qui sont coincées dans un livre de poche pas si mince entre une longue préface et un dossier aussi long que le roman lui-même. Est-ce que j'ai été déçu ? Je crois que oui, car j'attendais davantage de consistance et de rebondissements dans cette histoire d'homme usé dont personne ne veut, en particulier son épouse remariée qui le croyait enseveli à la bataille d'Eylau. Ici on n'est pas dans le comte de Monte Cristo. Pas de vengeance mais le simple constat de la vanité des hommes. J'en ai tout de même apprécié la lecture et notamment quelques portraits cyniques bien saisis. Tout est dit lorsque le roman se termine à peu près sur ces quelques mots : Le Livre de Poche - page 163 Je ne puis vous dire tout ce...

Pur sang (Franck Bouysse)

  Être né quelque part Elias a grandi à Eden Creek auprès de Mama et Papa Tulssa après que ses parents ont quitté la vallée pour une raison inconnue sans jamais revenir. Lorsqu’il apprend la vérité, il doit décider s’il part à la recherche de ses origines. Nul ne peut réduire ses origines au silence, sous peine de s'effondrer. Le roman commençait franchement bien en présageant le récit initiatique d’un jeune Amérindien, ou élevé en tant que tel, qui serait confronté à ses racines aux antipodes de son éducation. L’auteur a d’ailleurs la bonne idée d’évoquer les rituels et croyances d’un peuple plus en contact que nous avec les esprits et la nature. Il raconte aussi, en filigrane du parcours d’Elias, la fuite (véritable) de son peuple des Nez-Percés face au colonisateur blanc, il y a une centaine d’années, pour venir s’installer dans le Montana. Mais au bout du compte, la quête du jeune homme en France m’est apparue trop légère. Il semble naviguer sans encombre dans le pays de ses p...

Ton absence n'est que ténèbres (Jón Kalman Stefánsson)

  L'amour et la mort Ce livre, c'est l'Islande immuable, profondément aimée par les Islandais, terre à la fois dure et généreuse, égarée sous l'assaut des éléments et des saisons, engloutie entre deux continents par le ciel et l’océan. Le labeur sans fin, l'amour qu'il faut savoir saisir, le temps qui passe, la finitude des choses et pourtant l'éternité du monde. Les générations se suivent, se répondent dans un dialogue permanent, fusionnent entre elles. Aux côtés de ses ancêtres, chacun marche vers son destin, « tissu des dieux » ou « flèche aveugle du hasard » ? Voilà ce que semble dire Ton absence n’est que ténèbres. une saga familiale ambitieuse, romanesque, nostalgique et magnétique. Elle contient l’âme islandaise et pourtant elle paraît universelle en touchant tout un chacun. Dit comme ça, ça a l'air parfait. mais c'est une lecture exigeante qui a failli me décourager. Surtout au début avec ses multiples personnages aux prénoms islandais dont i...

Mon coeur en cendres (Olivier Adam)

Vogue la galère  Antoine galère dans sa tête. Son meilleur ami s'est suicidé et il en avait fait le rêve prémonitoire. Léa, sa nouvelle petite amie, est heureusement là pour mettre un peu de couleur et d'espoir dans sa vie. En ce début d'été après les résultats du bac, il va la rejoindre dans sa résidence secondaire familiale en Bretagne ... Encore une oeuvre jeunesse pour Olivier Adam. Deviendrait-il le spécialiste du mal-être adolescent avec à ma connaissance un quatrième roman sur ce thème ? La frontière avec ses romans entre guillemets adultes demeure mince, à défaut d'être floue, mais ce roman, m’est apparu, peut-être plus que La tête sous l’eau ou Dans la nuit blanche, particulièrement adolescent. C’est sûrement dû aux nombreux échanges par textos et vocaux entre les protagonistes, une très bonne idée qui réussit à rendre compte tout aussi bien des ressorts psychologiques de Léa et Antoine que les dialogues classiques. Pour autant, même pour cette littérature, Oli...

L'origine des larmes (Jean-Paul Dubois)

L'eau et la mort Paul a tué son père. Au sens propre, ça se discute avec le juge. Au figuré, il aurait aimé. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Point de départ inhabituel pour le dernier roman en date de Jean-Paul Dubois, un auteur qui commence à m'être familier. J'aime son ton, son inventivité, son souci littéraire et son vocabulaire exigeant. Il y met juste ce qu'il faut de tout ça et aussi un subtil mélange de pessimisme, d'absurde, d'ironie voire de tragi-comique. Avec Jean-Paul Dubois, il y a souvent des personnages savoureux. Ici c'est celui du psy aux interventions rafraichissantes dont on se demande parfois si elle sont académiques. Avec lui, par ordre du juge, Paul devra remuer la boue de son passé, résultat d'une figure paternelle effroyable. Dans L'origine des larmes, on est en 2031. Le climat s'emballe et la pluie tombe à seaux. Et comme j'ai toujours aimé entendre la pluie abondante tomber alors que je suis à l'abri, ...

Civilizations (Laurent Binet)

Colonisateur colonisé Autour de l'an mille, une poignée de Vikings quittent le Groenland et descendent jusqu'en Amérique centrale en apportant avec eux le fer et les chevaux. Lorsque Christophe Colomb débarque à la fin du 15ème siècle, ils se fait massacrer par un peuple armé contre l'adversité. Quelques décennies plus tard, l'empereur inca Atahualpa découvre la Santa Maria et prend la mer. Il débarquera bientôt à Lisbonne ... Quelle épopée ! La réécriture de l'Histoire avec l'idée de la colonisation inversée paraît vraisemblable. Le lecteur qui aime un tant soit peu l'Histoire va adorer découvrir l'avancée pas à pas de l'Inca et de sa suite dans l'Europe de Charles Quint et de François 1er. Laurent Binet a choisi pour son livre la chronique didactique qui prend la forme d'un carnet de bord inca en pleine découverte d'un nouveau monde barbare qui vénère un "dieu clouté". Ce format est à double tranchant. Il rappelle tellement l...

Le château des rentiers (Agnès Desarthe)

  Encore là Ceci n'est pas vraiment un roman mais un recueil de réflexions sur les thèmes de la vieillesse, de la mort et de la mémoire. Pour cela, Agnès Desarthe choisit l'angle autobiographique de ses grands-parents qui avaient recréé, dans leur tour de la rue du Château des Rentiers, un chaleureux "phalanstère" avec les membres de leur famille et avec leurs amis. Parce que dans la communauté juive dans laquelle l'auteure a grandi, "vieux" ne signifiait pas "bientôt mort" mais surtout "encore là". Être joyeux, à défaut d'être heureux, c'est presque de l'ordre de la moindre des politesses à l'encontre des absents. J'avoue avoir été un peu perturbé pendant la lecture par le côté foutraque du livre. Il est construit de toutes sortes de choses : d'imagination, de rêves, d'anecdotes souvent savoureuses, de flashbacks, de dialogues outre-tombe ou avec soi-même et autres micros-trottoirs qui donnent au récit une...