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Affichage des articles associés au libellé Jean-Paul Dubois

L'origine des larmes (Jean-Paul Dubois)

L'eau et la mort Paul a tué son père. Au sens propre, ça se discute avec le juge. Au figuré, il aurait aimé. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Point de départ inhabituel pour le dernier roman en date de Jean-Paul Dubois, un auteur qui commence à m'être familier. J'aime son ton, son inventivité, son souci littéraire et son vocabulaire exigeant. Il y met juste ce qu'il faut de tout ça et aussi un subtil mélange de pessimisme, d'absurde, d'ironie voire de tragi-comique. Avec Jean-Paul Dubois, il y a souvent des personnages savoureux. Ici c'est celui du psy aux interventions rafraichissantes dont on se demande parfois si elle sont académiques. Avec lui, par ordre du juge, Paul devra remuer la boue de son passé, résultat d'une figure paternelle effroyable. Dans L'origine des larmes, on est en 2031. Le climat s'emballe et la pluie tombe à seaux. Et comme j'ai toujours aimé entendre la pluie abondante tomber alors que je suis à l'abri, ...

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon (Jean-Paul Dubois)

  Chacun sa route Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon est un titre à rallonge mais bien trouvé car il colle parfaitement au prix Goncourt 2019 qui, sans réelle intrigue, m'apparaît surtout comme une galerie de portraits d'hommes et de femmes qui traversent leur vie avec leur force, leur boulet au pied ou tout simplement leur vision du monde bien souvent différente de celle de leur voisin. Paul est un Français qui purge une peine de deux ans dans une prison de Montréal. Comment en est-il arrivé là ? C'est tout le propos du récit de son parcours, constellé de flashbacks, entre une mère libertaire et gérante de cinéma, un père danois et pasteur, une femme amérindienne et pilote d'hydravion, un voisin président de copropriété insupportable et un compagnon de cellule brut de pomme et fan de Harley Davidson. Tout un programme. Ce dernier est à mes yeux le personnage le plus réjouissant et attachant du roman avec son franc parler dénué de filtre. Pres...

Kennedy et moi (Jean-Paul Dubois)

Un type qui mord son dentiste est-il fondamentalement mauvais ? Le dernier Dubois, prix Goncourt 2019, n'étant pas encore sorti en poche, je me suis rabattu sans hésiter sur  Kennedy et moi , un roman de 1996 dont l'adaptation au cinéma quelques années plus tard m'avait enthousiasmé. Après coup je comprends que le bougon Jean-Pierre Bacri ait été choisi pour incarner Samuel, écrivain quadragénaire sur le retour pour lequel le lecteur ressent une certaine empathie puisqu'il a accès à ses monologues intérieurs. En revanche, pour son entourage (son dentiste y compris) Samuel a tendance à être imbuvable, sauf peut-être pour sa femme ... Alors qu'il est au plus mal, elle va à nouveau être aimanté par un conjoint mal léché qui lui paraît soudain davantage dans la vérité que tous ceux, tellement conventionnels et étriqués, qui gravitent autour d'elle. De ce point de vue, le portrait de ses enfants est un must du bouquin. Ne lisez pas...

Hommes entre eux (Jean-Paul Dubois)

Dans Hommes entre eux , on est plongé dans l'intimité de deux hommes qui ne sont en rien faits pour se rencontrer mais qui verront leurs destins se téléscoper car ils ont aimé la même femme, Anna, à la fois absente et omniprésente. C'est très bien écrit et je l'ai lu ce roman avec un plaisir évident, entre autres en raison du fait que l'intrigue se déroule en plein hiver canadien et que les impressions sur les paysages et sur les sentiments immédiats de ces deux hommes un peu autistes sont très bien rendus. Pourtant la fin ne m'a pas plu. Elle m'a paru trop radicale et avec un déficit d'explications.