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Affichage des articles associés au libellé Emile Zola

Emile Zola - La bête humaine

  Tout le monde déraille Parmi   les Rougon-Macquart les plus célèbres, lus à l’adolescence pour la plupart,  La bête humaine était probablement le tome que j’avais le plus hâte de découvrir. Malgré sa réputation, il m’a moins plu que L’assommoir , Germinal ou encore Le bonheur des dames et que d'autres beaucoup moins connus (je pense à La Terre  ou à  Pot-Bouille ). Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi car encore une fois, la proposition de Zola est forte et accrocheuse dans ce polar social noir, sorte de thriller autour du monde ferroviaire et de celui du crime et de la justice (deux projets d’écriture que l’écrivain aurait finalement décidé de fusionner pour faire tenir sa saga en vingt romans). Dans ce tome, on ne quitte pas une minute le milieu des cheminots et tout particulièrement la ligne de chemin de fer Paris St Lazare-Le Havre. L’intrigue se déroule à l’intérieur ou autour des deux gares, ou le plus souvent le long des rails entre les deux. Le...

Le rêve (Émile Zola)

  Jusqu'au bout de son rêve Je souscris à l’affirmation généralement admise que  Le rêve  d’Émile Zola n'est pas, dans la série des Rougon-Macquart, un tome comme les autres. Ce qui me frappe est sa relative brièveté par rapport aux dix-neuf autres romans et sa forme un peu éthérée, de l’ordre du conte. C'est particulièrement flagrant après La Terre , roman ambitieux et autrement plus concret. Ici, comme son nom l'indique, on est dans le rêve, le mysticisme, la naïveté et le romantisme d'une jeune fille, Angélique Rougon, abandonnée puis recueillie par une famille de brodeurs, une profession qu'on a plaisir à découvrir. Elle va grandir à l'ombre d’une cathédrale, influencée par les représentations de saintes martyres sur l'édifice et dans ses lectures. Son âme tourmentée et déréglée, dans la ligne héréditaire de la dynastie zolienne, vivra intensément le rêve qui est en elle et qui se matérialisera en la personne de Félicien, un jeune et beau peintre ver...

La Terre (Émile Zola)

  C'est du Zola La Terre est un tome des Rougon-Macquart particulièrement marquant. On a coutume de dire que la terre agricole en est le personnage principal, souvent comparée à une femme aussi bien féconde et nourricière que cruelle et sans merci. Elle est en tout cas l'objet de toutes les convoitises dans ce coin de campagne beauceronne sous le Second Empire. Paysans, grands propriétaires, ouvriers agricoles, commerçants, curés, instituteur, notaire, rentiers, politiciens et autres parasites participent à ce roman choral particulièrement sordide aussi bien dans son épilogue que dans son récit. Ici tout le monde en prend pour son grade dans une impressionnante fresque réaliste et dramatique. Chaque lecteur en sort admiratif et/ou dégoûté mais il est peu probable qu'il en sorte indifférent. Il est frappant de voir combien Emile Zola prend le parti de décrire cette population rurale sans trop de filtres ni tabous : violence, sexualité exacerbée, jalousie, méchanceté, cupidi...

L'oeuvre (Émile Zola)

Période noire L'Oeuvre est probablement le roman le plus personnel d'Émile Zola, tant on le reconnait presque sans fard dans le personnage de Sandoz, l'ami le plus cher et le plus fidèle de Claude Lantier, lui-même largement inspiré de Paul Cézanne avec lequel il a grandi à Plassans. Euh ... pardon, à Aix-en-Provence. Claude, accessoirement fils de Gervaise, est un peintre au talent avorté et au destin tragique quand bien même il inspire toute une génération grâce à son tableau nommé "Plein air", moqué au salon des refusés quelques années auparavant. Ça vous rappelle quelque chose ? Il s'agit évidemment d'un récit largement inspiré de ce qu'Émile Zola a vécu presque de l'intérieur aux côtés de ses camarades artistes à cette période charnière de l'histoire de l'art lorsque les Impressionnistes butaient contre l'école officielle. Les passages du roman qui se déroulent au salon officiel et au salon des refusés sont admirables comme à chaq...

Germinal (Émile Zola)

La misère encore plus pénible sous terre J'ai lu qu'à sa première édition,  Germinal n'avait pas été un aussi gros succès de librairie que certains autres volumes des Rougon-Macquart. En revanche, il est incontestablement devenu avec le temps son tome le plus célèbre et le plus vendu. Et on comprend bien pourquoi tant le récit est spectaculaire et le drame à son climax. Toute la beauté de la saga et toute sa force pourraient être résumées dans cet épisode exemplaire, celui d'Étienne Lantier, fils de Gervaise, qui, se retrouvant presque par hasard embauché dans l'une des nombreuses mines de houille du nord de la France, deviendra l'un des instigateurs d'une grève aux conséquences effroyables. Tout est parfait dans Germinal . Je ne vois pas ce qu'un lecteur pourrait lui reprocher à part à avoir en soi l'éxécration de la violence, le dégoût de la misère, le refus de l'impudeur du désespoir ou encore l'écoeurement de l'injustice. 😂 C'est...

La joie de vivre (Émile Zola)

Bonne poire Pour son douzième Rougon-Macquart, Émile Zola ralentit le tempo de sa peinture naturaliste, à l'image d' Une page d'amour qui m'avait laissé un peu la même impression. Cette fois-ci, on est particulièrement loin du bruit et de la fureur du Second Empire, à part pour décrire l'atmosphère d'un coin reculé du pays et de la misère de ses campagnes. Pour La joie de vivre il y a unité de lieu dans la demeure de bourgeois de Bonneville, petite bourgade au pied des falaises grignotée petit à petit par la Manche et ses assauts incessants. Pauline, orpheline des charcutiers Quenu des Halles présents dans Le ventre de Paris, est recueillie par ses cousins de Normandie. Sa joie de vivre naturelle reçue au début avec bienveillance va être progressivement exploitée par les Chanteau, famille gentiment détraquée, rongée par l'égoïsme et l'inconstance. Les caractères difficiles et hauts en couleurs sont si bien campés qu'on s'attache à ses membres, ...

Au Bonheur des Dames (Émile Zola)

Le sens de l'Histoire Nous avons quitté Octave Mouret s'installant en ménage avec la patronne du Bonheur des Dames dans Pot-Bouille , nous le retrouvons veuf et triomphant quelques années plus tard. Il est à la tête du grand magasin pour lequel il a des ambitions démesurées mais à la mesure de l'époque, au moment où la population parisienne (Zola entend par là les femmes) découvre les temples de la consommation à bas prix. La jeune Denise débarque de Normandie avec ses frères et va en quelque sorte révolutionner l'endroit malgré elle. Ce tome des Rougon-Macquart fait du bien avec son ton plutôt positif, voire optimiste, malgré la critique ouverte des nouvelles habitudes de vie qui émergent à cette époque et l'effet désastreux qu'elles ont sur le petit commerce. Même Denise qui constate les dommages collatéraux dans son entourage semble se réjouir de l'évolution. Pour elle, c'est aussi le sens de l'Histoire. La peinture de l'établissement qui sem...

Pot-Bouille (Émile Zola)

Faites ce que je dis ... Le personnage central du très choral  Pot-Bouille (qui signifie "popote" ou "tambouille") est Octave Mouret, issu de la branche de la petite bourgeoisie de l'arbre généalogique des Rougon-Macquart, coincée entre les Rougon proche du pouvoir et les miséreux Macquart. Octave arrive à Paris pour y faire son trou et pour cela, rien de tel que mettre la main sur une maîtresse bien placée, peu importe finalement qu'elle soit mariée ou non. Derrière les portes du bel immeuble cossu et surtout "comme il faut" de la rue de Choiseul dans lequel il s'installe, les adultères, combines d'argent et autres atteintes à la bonne morale y vont bon train, tout cela sous l'oeil blasé des domestiques qui se débattent eux-mêmes dans leurs propres contradictions. L'histoire, resserrée sur le petit monde d'un immeuble bourgeois où l'hypocrisie règne en maître, se situe entre le vaudeville grinçant et le drame social. Il es...

Nana (Émile Zola)

C'est chic ! Émile Zola continue son incroyable peinture naturaliste en s'employant cette fois-ci à raconter, à travers le destin de Nana, fille de Germaine Macquart ( L'assommoir ), le monde des courtisanes, apparemment très en vogue pendant le Second Empire. Ces "cocottes" gravitaient autour de personnages plus ou moins importants de la société parisienne et notamment de jeunes gens qui, par ces fréquentations discutables, cherchaient à accéder au "chic", se délestant au passage de leur petite fortune. En tout cas, c'est que raconte l'écrivain quand il profile habilement le personnage de Nana, qui préfère devenir prostituée que rester fleuriste. Rien d'étonnant à ce que le roman ait fait scandale à sa publication en 1880 car les situations scabreuses surgissent régulièrement au cours du récit. Pourtant, on est loin de l'apologie. Si Zola n'y est pas allé de main morte, c'est pour mieux dénoncer les dérives de l'élite de l...

Une page d'amour (Émile Zola)

Le ciel de Paris Une page d'amour  m'apparaît comme une pause dans la progression de l'œuvre des Rougon-Macquart. J'imagine aisément Émile Zola l'appréhender un peu comme une récréation après le dense et dramatique L'assommoir qui a dû lui prendre beaucoup d'énergie à écrire et ensuite à assumer. Ce huitième volet contient beaucoup moins de scènes descriptives et/ou spectaculaires que son prédécesseur. Le lecteur y trouve tout de même de jolis moments marquants, comme la crise d'épilepsie ou tétanie de Jeanne en début de roman ou encore la charmante fête organisée en l'honneur du petit Lucien. Le roman prend la forme d'une sorte de huis clos avec quelques personnages récurrents, les autres apparaissant ici et là pour donner un peu de profondeur à l'histoire et de couleurs au quartier de Passy. Zola y plante le décor de son scénario bâti autour de la passion amoureuse et de la maladie. On est loin du ...

L'assommoir (Émile Zola)

"L'odeur du peuple" Gervaise Macquart, épouse Coupeau, est l'un des personnages emblématique de la littérature classique française, comme le sont aussi Jean Valjean et Julien Sorel. Elle est en tout cas devenue le membre le plus éminent de la famille Rougon-Macquart. Mon envie était grande de découvrir enfin son histoire. Le retentissement de L'assommoir, le septième de la série, fut grand au moment de sa publication en feuilleton en 1876-1877. Tout autant que le scandale qu'il suscita puisque le portrait du milieu ouvrier parisien au cours du Second Empire, jugé "pornographique" par certains, est absolument sans concession. Les descriptions criantes de vérité qui inondent le roman sont responsables de cette indignation, l'écrivain n'y allant pas par quatre chemins pour dépeindre le quotidien des habitants du quartier de la Goutte d'Or, avec leurs drames, joies, excès et labeur, tout cela avec le verbe haut du Paris populaire....

Son excellence Eugène Rougon (Émile Zola)

Cahier de doléances Après La faute de l'abbé Mouret , il a été un peu difficile de me remettre à la série des Rougon-Macquart tant sa lecture avait été longue et, à certains moments, presque pénible. Avec le sixième « épisode » que je viens de terminer, je me suis davantage diverti même si Son excellence Eugène Rougon n'atteint pas les sommets des quatre premiers volets. Ici, pas de littérature descriptive à outrance mais juste ce qu’il faut pour faire le récit du parcours d’un animal politique sous les ors du Second Empire. Le roman est en effet plutôt sobre de ce point de vue, Zola utilisant énormément le dialogue pour dresser un portrait au vitriol de la société politique de l’époque, une sorte de régime parlementaire servile à l'Empereur. Le récit tourne autour de la figure imposante d'Eugène Rougon,  le fils aîné des Rougon de Plassans. Il a le goût du pouvoir dans son ADN et est devenu ministre. Il réunit autour de lui une petite foule d’amis qui le metten...

La faute de l'abbé Mouret (Émile Zola)

L'envers du paradis Le cinquième épisode de la série naturaliste des Rougon-Macquart m'a beaucoup moins emballé que les précédents. Pourtant épaté par la plume brillante d'Émile Zola, je me suis surpris, à de nombreuses reprises, à lutter pour ne pas sauter des passages entiers de La faute de l'abbé Mouret.  L'ennui me gagnait alors que je ne voyais pas l'intrigue avancer, ou plutôt décoller. Celle-ci, en effet, se réduit souvent à une sorte de huis-clos entre Serge Mouret, sa jeune maîtresse Albine, la nature luxuriante et un Dieu omniscient. Des pages et des pages de description de l'étouffant paradis qui abrite les amours coupables d'un prêtre de campagne et à peine moins des bonheurs et supplices que lui occasionne la religion. Les interactions des deux héros avec les autres villageois sont peu nombreuses et font, pour le coup, cruellement défaut. Elles auraient pourtant été plus que bienvenues pour donner du relief au récit...

La conquête de Plassans (Émile Zola)

     Querelles de voisinage Le numéro quatre des "Rougon-Macquart" fait probablement partie des épisodes les moins connus de la série des vingt romans d'Émile Zola. Après deux romans parisiens, le lecteur est de retour à Plassans, en Provence, pour y retrouver les personnages devenus secondaires de Pierre Rougon (surtout à travers sa femme Félicité) et d'Antoine Macquart, les deux frères protagonistes de La fortune des Rougon . Ici, l'attention est déportée sur François Mouret (fils d'Ursule Macquart) et son épouse Marthe, née Rougon, couple de paisibles bourgeois de la ville qui sont amenés à louer une chambre à l'abbé Faujas, prêtre ambitieux à la solde de l'Empire, arrivé tout fraichement de Besançon avec sa mère sous le bras. Cet épisode plus discret et moins ambitieux sur la forme, en témoigne l'absence des descriptions sur des pages entières des trois premiers tomes (surtout en comparaison avec Le ventre de Paris ), soulève p...

La curée (Émile Zola)

Or et gravats On avait laissé Aristide Rougon, personnage secondaire de La fortune des Rougon , dans la petite ville provençale de Plassans tandis que son père achevait d'y faire son trou au moment de la prise de pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte. Dans La curée , Napoléon III est bien assis sur son trône et a arrêté la décision de remodeler sa capitale au travers des grands travaux dits haussmanniens. Aristide, renommé Saccard, débarque à Paris et grâce à l'appui de son frère ministre va participer à la "curée", c'est à dire au dépeçage de la ville mené par des spéculateurs sans scrupule qui achètent des terrains à bâtir avant même que les propriétaires et locataires en place ne sachent qu'ils seront frappés par l'expropriation et donc condamnés à voir les constructions existantes complètement rasées. Parallèlement à cette intrigue politico-financière, Émile Zola dresse un portrait édifiant de la haute société de l'époque qui vit souvent a...

La fortune des Rougon (Émile Zola)

  et la misère des Macquart La fortune des Rougon est le premier du cycle des romans qu'Émile Zola dédia à la dynastie des Rougon-Macquart et le troisième que je lis ces derniers temps (mettons de côté Germinal découvert au lycée). Une fois sa lecture achevée, il paraît évident qu'il est recommandé de commencer par ce tome pour espérer lire intelligemment, à terme, la célèbre saga en entier. L'auteur nous y présente une partie des trois premières générations que Zola fera progresser dans tous les décors possibles du Second Empire (1752-1770) avec des comportements et débordements de toutes natures qu'il explique, en bon écrivain naturaliste, par l'impact sur l'être humain du milieu social, de l'environnement familial et de l'hérédité. Tout démarre avec Adélaïde Fouque, une pauvre femme à la faible volonté et aux nerfs fragiles, qui se verra dépouillée et piétinée par ses deux fils, les demi-frères Antoine Macquart et Pierre Rougon. Le prem...

Le ventre de Paris (Émile Zola)

  Le centre de Paris, disparu   La lecture de L'oeuvre, il y a quelques années, m'en avait déjà donné l'envie mais la découverte du troisième volume des Rougon-Macquart , Le Ventre de Paris, m'a incontestablement conforté dans mon souhait de lire cet ensemble de vingt romans, écrit par Émile Zola, et au sous-titre parfaitement parlant : "Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire". En attendant, Le Ventre de Paris a été un choix évident tant les anciennes Halles de Paris, détruites au début des années soixante-dix, m'ont toujours fasciné. Les rues du quartier me sont familières et mes grand-parents y ont habité dans les années trente (rue de la Grande Truanderie). J'aurais adoré connaitre la vie foisonnante qui régnait à l'époque à l'intérieur et à l'extérieur des majestueux pavillons Baltard. C'est  dommage qu'ils aient été démontés pour construire la gare RER en sous-sol et les magasins qu...