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Articles

Affichage des articles associés au libellé Jean-Philippe Blondel

Café sans filtre (Jean-Philippe Blondel)

  Chez Jo Au café Tom's, il n'y a pas foule. On sort tout juste du confinement et on hésite à s'enfermer à l'intérieur. Quelques personnes y travaillent, les clients défilent ou squattent. Jean-Philippe Blondel donne la parole à chacun d'eux en les adoptant tout à tour comme narrateurs de leur histoire personnelle, le temps d'un ou de plusieurs chapitres. Un roman choral donc même si certains personnages prennent la lumière plus que d'autres, ces derniers ne faisant que passer. Paradoxalement, ce sont ceux de passage qui m'ont le plus séduit : la mère et son fils, l'écrivain et son ami d'enfance… À chaque fois, deux points de vue intéressants sur la même situation. Dommage ça s’arrête là. L'intrigue principale entre l'ancienne et le nouveau propriétaire, le serveur et la jeune cliente installée au fond du café, ne m'a pas excessivement touché. Presque étonnamment, je dirais, car habituellement le récit de destins ordinaires est un pro...

La grande escapade (Jean-Philippe Blondel)

Escapade dans le temps Merci le club de lecture #latresse ! Je continue la découverte des romans de JP Blondel, dont j'apprécie la veine sensible et intime. Intime même lorsqu'il met en scène un groupe scolaire dans les années soixante-dix. Plusieurs familles d'enseignants et directeurs vivent dans des appartements de fonction et se côtoient tous les jours, au travail et dans le quartier. Un roman chorale sur une époque, son atmosphère, ses moeurs et ses méthodes éducatives. Il dépeint avec lucidité, tendresse et dérision, des adultes et des enfants plus vrais que nature, avec leur bonne volonté et leurs faiblesses.  Lorsqu'on a grandi plus ou moins à cette époque, on ressent un sentiment de déjà vu en se plongeant à nouveau dans une France qui a en partie disparu, avec son autorité à l'ancienne, les rôles père/mère et homme/femme plus marqués, et sa paradoxale liberté due à un contexte général différent. Le lecteur, lui aussi, vit sa grande escapade, un voyage dans...

La mise à nu (Jean-Philippe Blondel)

Peindre et faire un tour (de la rocade) Professeur d'anglais à Troyes, Louis a la soixantaine et la retraite en vue. Sa femme, ses filles, les amis qui ont compté et le feu sacré de l'enseignement l'ont quitté depuis un petit bout de temps maintenant. Rien de dramatique, la vie et le temps qui passe, pas de quoi être réellement déprimé. Le hasard - enfin ça on verra - le pousse à recroiser le chemin d'Alexandre, un ancien élève sans relief devenu contre toute attente artiste peintre au rayonnement international. Ils n'ont pas grand-chose en commun mais l'amitié qui se profile est providentielle, pour l'un comme pour l'autre ... J'aime Jean-Philippe Blondel, sa langue qui sonne juste, ses phrases courtes qui vont à l'essentiel, son regard sur soi, les autres, le monde en général, un brin désabusé et cynique mais sans noirceur excessive. Son roman m'a enthousiasmé dès les premiers mots ("Je n'étais pas à ma place. Je déambulais ...

06H41 (Jean-Philippe Blondel)

Lundi matin dans le train Je ne connaissais pas Jean-Philippe Blondel avant de lire 06h41, dont le titre m'a plu d'emblée. Une intrigue intime qui se déroule dans un train tôt le matin n'est-elle pas a priori digne d'intérêt ? Un homme et une femme ayant entretenu une courte, malheureuse et presque anecdotique relation il y a 27 ans, se retrouvent par hasard assis l'un en face de l'autre dans le train Troyes-Paris de 06h41 en ce lundi compliqué pour tous les deux. Les souvenirs affluent violemment, ils font semblant de ne pas se reconnaître. Je relirai cet auteur car j'ai retrouvé dans ce roman les ingrédients qui, je pense, me plaisent le plus dans la littérature : des personnages à la psychologie fouillée, non cliché et qui sonnent juste. Il y a du désenchantement dans leur histoire mais contrairement à du Olivier Adam (que j'aime pourtant énormément lire), elle est suffisamment courte pour ne pas en devenir pesant...