Le fumier
Je fais lentement mais sûrement mon petit bonhomme de chemin dans la fresque des Rougon-Macquart. Le 18ème et antépénultième tome est une plongée assez fascinante dans l’univers de la haute finance et de la spéculation boursière au palais Brongniart sous le Second Empire.
Émile Zola connait son sujet sur le bout des doigts et concocte un thriller financier de haut vol en faisant comme à son habitude une peinture sociologique de son temps. Il est saisissant de constater qu’à l’époque tout était déjà en place pour annoncer nos crises contemporaines.
La technicité boursière peut apparaître aride au premier abord mais personnellement j'ai trouvé cela intéressant de découvrir la dynamique en marche et notamment observer l'opposition entre ceux qui jouent à la hausse et ceux qui parient sur la baisse. Les uns comme les autres vont porter la Banque Universelle d'Aristide Saccard du pinacle avant de la mener à la ruine.
Malgré la présence de Madame Caroline, conscience morale et pourtant tentée par le diable, « L’argent » est un épisode très masculin dispose de moins de grands tableaux que dans d'autres épisodes parisiens de la saga de Zola à part peut-être lors du premier chapitre lorsqu'il plante le décor en faisant une description flamboyante et presque monstrueuse du palais de l'argent, fumier de l'humanité entre poison et terreau du progrès.
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