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Articles

Il était un piano noir ... mémoires interrompus - Barbara

Sur les plages de Marseille, j'ai bouquiné les mémoires interrompus de la chanteuse Barbara. Elle avait commencé à les écrire depuis quelques mois lorsqu'elle est décédée en novembre 1997. J'avais envie d'en savoir plus sur celle qui a chanté de bien belles chansons touchantes comme "Nantes" ou "Drouot". C'est un beau et sensible témoignage simplement et joliment écrit, notamment quand elle évoque son enfance. Elle nous dévoile de belles anecdotes qu'on aurait peut-être jamais sues si elle ne les avait pas couchées sur le papier. On ne peut que regretter qu'elle soit partie avant de finir son autobiographie. Cela m'a donné envie de lire une biographie complète, documentée et plus objective. 

Les désarrois de Ned Allen - Douglas Kennedy

Grâce à un ami, j'ai lu un roman que je n'aurais probablement jamais lu s'il ne me l'avait offert : "Les désarrois de Ned Allen". Les deux premiers tiers du bouquin raconte la grandeur et la décadence d'un cadre supérieur commercial ambitieux qui, malgré son éthique personnelle et professionnelle, se retrouve sans qu'il n'y puisse rien seul et sans travail. Puis soudain cette satire sociale divertissante bascule dans le polar, le héros faisant l'ultime mauvaise rencontre et se retrouvant réellement en mauvaise posture. Ce roman, raconté à la première personne du singulier, est une vraie réussite. On suit, sans pouvoir s'arrêter, la progression des mésaventures jubilatoires de Ned Allen en se demandant où elles vont s'arrêter, justement, et en prenant fait et cause pour lui car il nous est grandement sympathique. Je conseille.

Cézanne - Bernard Fauconnier

J'ai toujours eu une prédilection pour Paul Cézanne, un coup de coeur pour ses peintures exposées dans les musées du monde entier. Sans connaitre grand chose à l'art pictural, ses compositions et leurs couleurs me touchent. J'en suis venu donc à lire avec grand intérêt sa biographie écrite par Bernard Fauconnier dans la collection Folio biographies. C'est intéressant de lire combien ce fils de bourgeois aixois a fait figure, la quasi-totalité de sa vie, d'artiste maudit voire raté. Il fit partie du courant des impressionnistes avant de rapidement prendre, dans sa volonté constructive, sa propre route personnelle. Il est maintenant considéré comme un précurseur des grands courants du 20ème siècle. Presque malgré lui, grâce à quelques admirateurs visionnaires, il connut plus de succès à la fin de sa vie d'ours peu sociable. Après sa mort, il devint la légende qu'on connait. Ce n'est malheureusement pas développé dans cette biographie ...

Péplum - Amélie Nothomb

J'ai récemment lu Péplum d'Amélie Nothomb, livre court et assez original. Il s'agit, du début à la fin, d'un dialogue entre l'écrivaine et un scientifique/haut-dignitaire vivant en 2580, année où elle a été propulsée le temps d'une opération chirurgicale. Pourquoi ? Parce qu'elle est coupable d'avoir deviné que l'ensevelissement de Pompeï par l'éruption du Vésuve n'était pas dû au hasard. Elle a été provoquée par la main de l'homme comme cadeau aux archéologues du futur. Tout un programme ! Beau duel verbal que j'ai lu avec plaisir grâce à l'écriture facile et spirituelle d'Amélie Nothomb.

Millénium : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette - Stieg Larsson

Je viens de finir le deuxième opus de la trilogie Millénium. Dans ce polar sur le thème de l'exploitation sexuelle des femmes, Lisbeth Salander vole la vedette à Mikael Blomkvist qui devient ainsi un personnage quasi-secondaire. A mon grand plaisir car le personnage de Lisbeth, jeune femme à la personnalité indéniablement particulière, est fascinante. J'ai remarqué que ce sont les passages la mettant en scène qui me captivait particulièrement, ses faits et gestes étant relatés largement par l'écriture à la fois simple et hyper descriptive de l'auteur. L'intrigue elle-même m'a un peu moins botté que celle du premier tome, mais j'ai passé un excellent moment à lire cette histoire qui reste haletante jusqu'à la dernière ligne. Stieg Larsson nous mène encore une fois vers un épilogue différent de ce que le début pourrait laisser présager.

Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel - Pierre Seel

Ce livre est écrit, vers la fin de sa vie, par un alsacien, Pierre Seel, qui a été enfermé une dizaine de mois dans un camp nazi parce qu'il était fiché comme homosexuel dans les registres de la police française. Il y a subi tortures et humiliations et a assisté à l'exécution arbitraire et cruelle de son ami par des geôliers pervers. Finalement libéré pour bonne conduite, il doit combattre en tant qu'alsacien dans l'armée allemande. Il survit même à une capture par l'armée russe. Une fois la guerre terminée, son calvaire n'est pas terminé car miné par ces épreuves et le regard de la société, il se cache, se marie et fait son propre malheur. C'est un témoignage, parfois un peu maladroit, mais bouleversant.

George Sand la somnambule - Hortense Dufour

  Je ne connaissais à peu près rien de George Sand, à part le titre de deux ou trois de ses romans et sa réputation de femme de caractère habillée à la garçonne. Hortense Dufour nous propose une biographie bien écrite de cette grande romancière du 19ème siècle. C'était une femme à l'écriture très prolixe (elle écrivait la nuit) et en avance sur son temps. Moderne, elle avait du caractère et s'est souvent engagée dans les changements politiques de son temps. Après une enfance difficile et un mariage conventionnel, elle décide de s'affranchir de son mari et de vivre de son écriture, ce qui était exceptionnel et courageux pour une femme de son époque. Grande amoureuse, elle noue quelques relations passionnées et tumultueuses, la plus connue étant celle avec Alfred de Musset. Elle eut aussi une vie de famille pas toujours facile tout en appréciant au maximum les bons moments. Certains passages sont très agréables à lire, notamme...

Millénium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

Tout le monde lit cette trilogie en ce moment donc je ne vais pas être original. Pourtant voici un très bon polar même si je suis loin d'être accro au genre. Un journaliste économique, droit et sympathique mais au creux de la vague, accepte sans y croire d'enquêter sur un meurtre perpétré dans les années soixante. Il ne sait pas encore où il met les pieds... J'ai eu quelques doutes au début car le roman commence sur fond d'affaires financières moyennement engageantes, mais il vire vite à l'enquête à la Agatha Christie, pour finir en polar limite gore. L'histoire se passe en Suède, pays où mes lectures vont rarement. Cela rend le livre un peu exotique à mes yeux. J'ai trouvé aussi très intéressant le personnage de Lisbeth Salander, jeune femme marginale et très intelligente, qui aide à sa façon le héros. Excellente lecture. Difficile de s'arrêter après avoir commencé. Je lirai, c'est sûr, les tomes 2 et 3 de "Millénium" dès ...

Hommes entre eux (Jean-Paul Dubois)

Dans Hommes entre eux , on est plongé dans l'intimité de deux hommes qui ne sont en rien faits pour se rencontrer mais qui verront leurs destins se téléscoper car ils ont aimé la même femme, Anna, à la fois absente et omniprésente. C'est très bien écrit et je l'ai lu ce roman avec un plaisir évident, entre autres en raison du fait que l'intrigue se déroule en plein hiver canadien et que les impressions sur les paysages et sur les sentiments immédiats de ces deux hommes un peu autistes sont très bien rendus. Pourtant la fin ne m'a pas plu. Elle m'a paru trop radicale et avec un déficit d'explications.

Ni d'Eve et d'Adam - Amélie Nothomb

    Les meilleurs romans d'Amélie Nothomb sont, à mon goût, ceux qui parlent d'elle comme "Stupeur et tremblement" et "Biographie de la faim". Contrairement aux romans où elle décrit des personnages complètement barrés ("Journal d'Hirondelle"...), je préfère le vécu et le réalisme des autres. Le dernier de Mademoiselle Nothomb est de ceux-là. Elle nous raconte, avec force broderie probablement, sa vie à son retour au Japon lorsqu'elle prenait des cours de japonais avant de rentrer dans la fameuse grande compagnie nipponne. Elle fut la fiancée d'un jeune japonais très épris d'elle. Comme toujours, l'intérêt de ses romans est plus sur la forme que sur le fond. Son style léger et spirituel fait mouche chez moi. La fin, pleine d'émotion, m'a beaucoup plu. Un plutôt bon cru au milieu d'une oeuvre assez inégale.          

Le monde de Narnia - C.S. Lewis

  Ces jours derniers, j'ai terminé "Le monde de Narnia", un gros ouvrage de sept histoires pour enfants et grands enfants comme moi. Je l'avais commencé il y a pas mal de temps et je m'étais arrêté au milieu de la cinquième histoire, légèrement lassé et ayant envie de lire autre chose. Mais je ne regrette pas d'avoir persévéré. La dernière histoire appelée "La dernière bataille" termine en beauté la saga en lui donnant une belle unicité, notamment en réunissant tous les personnages, tout comme la première "Le neveu du magicien" en avait posé les bases. Chaque histoire se passe à une époque différente de Narnia sur quelques milliers d'années (par contre l'espace-temps étant différent, les jeunes héros anglais qui y sont catapultés le sont l'espace d'une génération). Seul le maître des lieux, le lion Aslan et une dizaine de personnages plus ou moins récurrents, représentent le fil rouge de ces aventures.   ...

Northanger Abbey (ou Catherine Morland) - Jane Austen

    "Catherine Morland" (ou "Northanger Abbey" en version originale) est un roman de Jane Austen. Catherine, jeune fille de la bourgeoisie provinciale anglaise, se lance dans la bonne société de Bath. Naïve et spontanée, elle y croise des personnes de plus ou moins bonne compagnie. Elle est ensuite invitée à séjourner à Northanger Abbey, une vieille demeure anglaise où Catherine trouve bientôt de quoi satisfaire son imagination débordante nourrie par les romans dont elle est friande. Elle y rencontre l'amour, bien comme il faut comme toujours chez Jane Austen. C'est très plaisant à lire car c'est bourré de quiproquos et l'écriture est élégante. Et puis, on n'est sûr de ne pas tomber sur un cadavre au détour d'une page, et moi j'apprécie. Pour les fans du genre romantique.  

The Jane Austen Book Club - Karen Joy Fowler

Autre lecture de l'été : un roman en anglais racontant l'histoire de six personnes se réunissant 1 fois par mois pendant 6 mois pour discuter, lors de chacune des soirées, d'un des six romans de l'écrivaine anglaise du début du 19ème siècle Jane Austen. Ayant lu déjà trois de ses romans (Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments et Emma) et étant en train d'en lire un quatrième (Northanger Abbey ou Catherine Morland), et cherchant à lire un roman en anglais, celui-ci me semblait intéressant. Les réunions du club de lecture sont un prétexte pour raconter des tranches de vie des six protagonistes principaux : des gens ordinaires de Californie, ni heureux ni malheureux, blessés ou perdus dans leur vie ou dans les relations avec les autres, tout cela sous l'oeil bienveillant de Jane Austen. J'ai passé du bon temps à le lire, le roman est plutôt léger et plein d'humour.

James Dean - Jean-Philippe Guerand

Cet été, j'ai lu la biographie de James Dean dans la collection Folio biographies. J'étais curieux de connaitre le parcours de ce jeune acteur mort jeune et devenu sex-symbol. En fait, sa courte vie n'a rien d'extraordinaire. Comme plein d'autres acteurs, je suppose, Il a eu une jeunesse difficile (mère décédée tôt et père absent) et s'est battu pour devenir comédien à succès. Bien-sûr, il y est arrivé mais a eu à peine le temps de profiter de sa notoriété car deux de ses trois films sont sortis après sa mort intervenue en 1955. Il a tourné beaucoup pour la télévision, je ne le savais pas. Ce qui m'a frappé est plus son côté obscur. Certes, il a une image de rebelle mais je pensais qu'elle avait été plus fabriquée par ses films et sa légende que vraiment réelle. Professionnellement, il pouvait se montrer ambitieux, capricieux, ingrat vis à vis de ceux qui l'ont aidé et avoir un égo surdimensionné. Sa vie privée était assez di...

L'odeur de l'Inde - Pier Paolo Pasolini

Ce mois-ci, j'ai lu sur la plage un livre qui m'a été offert. Il s'agit d'impressions de voyage écrites par Pasolini suite à son séjour en Inde en 1961, "odeurs" qu'il a retirées de ce pays où la pauvreté la plus extrême est frappante et choquante. Le livre est émaillé de ses rencontres avec les indiens et notamment des jeunes indiens très pauvres qui le suivent.  Il parle de la spiritualité de ce peuple, de sa douceur, de sa résignation. En lisant, mon propre ressenti de ce pays me revenait et j'y ai retrouvé cette odeur au sens propre et au sens figuré. Seulement, le pays a beaucoup évolué depuis le début des années soixante. L'Inde n'est plus un pays aussi globalement archaïque et sous développé. Bien que très présente, et à quelques exceptions près, je n'ai pas perçu le dénuement aussi extrême exprimé par Pasolini. Je n'ai bien-sûr pas été aux mêmes endroits non plus. Ce qui m'a le plus oppressé pers...

Aya de Yopougon - Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

  Conseillé par mes collègues, j'ai lu les deux premiers albums des aventures familiales, amicales et amoureuses en BD d'Aya, une jeune femme ivoirienne d'Abidjan et de ses copines Adjoua et Bintou. Je ne suis pas un adepte de la BD donc je ne peux pas trop comparer mais c'est très sympa à lire car on est plongé dans l'ambiance africaine. Les dialogues reproduisent le parler local. Les créateurs ont voulu monter, j'ai l'impression, que les choses ne sont pas très différentes des deux côtés de la Méditerranée. A la fin du 2ème album, on a envie de lire le 3ème qui sort en fin d'année.