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C’est plus Versailles ici
Chantal Thomas, auteure adepte du 18ème siècle, intègre l’intrigue de son roman Les adieux à la reine aux journées du 14 au 16 juillet 1789 à Versailles. La rumeur puis la confirmation de la prise de la forteresse de la Bastille par la foule parisienne, provoque un vent de panique (ou d’espoir pour les domestiques) dans les couloirs du château royal.
La vérité historique semble avoir été assez respectée et cela même si l'auteure brode autour de celle-ci, une intrigue romanesque. La narratrice est le personnage fictif d’Agathe-Sidonie Laborde, lectrice de Marie-Antoinette, fascinée par la souveraine, elle-même très attachée à sa favorite Gabrielle de Polignac. Aussi détestée que le roi est aimé, elle souhaite s'exiler, au moins momentanément. Louis XVI en décidera autrement …
Au delà des enjeux intéressants d’une cour assommée par les évènements et qui sent le vent tourner, ce qui m'a personnellement plu, c'est la proposition d’immersion dans le château de Versailles et son architecture labyrinthique. Mais aussi la reconstitution de la vie à la cour, le décorum, la logistique quotidienne, la hiérarchie des serviteurs, qui continuent à transparaître à travers la débandade en cours.
Ce qui est frappant, c'est la peinture faite d'un lieu qui apparaît ouvert presque à tous. À lire le roman, courtisans, serviteurs et badauds peuvent y aller et venir et y croiser Marie-Antoinette en promenade.
C'est en le voyant dans les mains d'un usager du métro parisien, que je suis parti acheter ce beau roman à l’écriture élégante qui a été adapté au cinéma en 2011 par Benoît Jacquot.
Points - page 187
J'ai appris - c'est monsieur de Noailles qui me l'a confié à mon coucher - que le peuple ne veut pas seulement du pain, il veut aussi le pouvoir. À ce point d'insanité, j'avoue, je suis confondu. Je croyais jusqu'à maintenant que le pouvoir était un poids de devoirs et de responsabilités dont on héritait, et que l'on acceptait par humilité et respect pour Celui qui nous avait désigné. Une sorte de malédiction dissimulée sous un manteau d'hermine. Me serais-je trompé? Y aurait-il quelque chose de désirable dans le pouvoir ?
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