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Articles

Affichage des articles du 2026

Métrobate (Maurice Pons)

  Cornélien 1951 (année de parution du roman), un jeune homme se souvient de son été 1945, juste après la libération, lorsque ses parents lui imposent un précepteur pour rattraper des années de guerre peu studieuses. Jeune dandy, charmant et excentrique, son professeur va séduire toute la famille. Ce sera l'équilibre avant la tragédie ... Ce (trop) court roman est un petit bijou d'écriture par son style fluide, élégant et de facture plutôt classique qui déploie subtilement une expérience troublante et ambigüe pour ce "petit garçon" qui ne comprend pas toute l'ampleur des enjeux. J'ai adoré la façon avec laquelle l'auteur énonce les non-dits que nous adultes du 21ème siècle comprenons entre les lignes. Était ce aussi clair pour les lecteurs des années 50 ? En tout cas, même si les mœurs et les temps ont évolué, on continue souvent à juger les gens pour ce qu'ils sont plutôt que pour ce qu'ils font. Christian Bourgeois éditeur - page 113 Vous vous so...

Ailleurs, chez moi (Douglas Kennedy)

  Chez lui, ailleurs Je connais bien les romans de Douglas Kennedy, ses récits et témoignages un peu moins. Celui-ci m'a tout de suite tenté car il semblait approfondir la relation ambigüe que l’écrivain américain entretient avec son pays et qui transpire dans chacun de ses romans. Les États-Unis sont clairement le sujet de "Ailleurs, chez moi". Avec clarté et sans aucune complexité sociologique ou politique, il explique comment l’Amérique en est arrivée à voir co-exister deux pays en un dans une sorte de préquel de son récent roman Et c'est ainsi que nous vivrons. Dans cette dystopie, les Etats-Unis sont politiquement coupées en deux avec Minneapolis (!) en zone neutre. Compte tenu du titre que l’on peut interpréter de deux façons, et sans être déçu pour autant, je m’attendais à voir l’auteur davantage évoquer sa double nationalité américaine-irlandaise, sa relation avec l’Europe qu’il connaît très bien pour y passer une grande partie de son temps, et donc la dualité...

L'odyssée magique (Jean-François Schwaiger)

  Testé et approuvé La dédicace de l'auteur a eu à peine le temps de séchér que je me suis empressé de lire le cinquième, et dernier en date, recueil de Jean-François Schwaiger, un talenteux conteur de nouvelles douces et pas du tout amères qui puisent leur esprit dans une forme de candeur et de sincérité, ce qui n'empêche pas certaines d'avoir une inspiration littéraire ou d'être un chouilla olé olé (Je valide d'autant plus). Quelques-unes ont eu ma préférence pour leur récit ( La taghounja , Quelle odyssée ! ) et d'autres pour leur chute qui m'a particulièrement plu ( J'tai dans la peau, Un moment de jazz inoublable ). Il n'est pas si facile de choisir parmi les dix histoires courtes de l'auteur doudou qui font du bien à vos nuits si vous en lisez une chaque soir. Testé et approuvé.

L'inconnue du portrait (Camille de Peretti)

  Bouche-trou (de l'histoire de l'art) L’inconnue du portrait dispose de l'accroche parfaite. Si on apprécie un minimum la peinture, un coup d'oeil à la quatrième de couverture et ça y est, on est attrapé. "Le portrait d'une dame", un tableau peint puis repeint à nouveau par Gustav Klimt dans les années 1910 est volé à la fin du siècle avant de réapparaître en 2019 à la porte d’un musée. Et tout cela dans un mystère le plus complet. Camille de Peretti trouve là le prétexte idéal pour écrire un très beau roman en bouchant fictionnellement les trous de l'histoire de l'art. "Le syndrome de Stendhal, c’est le trouble physique et psychologique que peut provoquer une œuvre d’art." Quelques personnages du roman en seront victimes. Avec fluidité, sentiment et ce qu’il faut de poésie, l'auteure bâtit un livre à la fois roman historique, fresque familiale et enquête policière entre New-York et le vieux continent. Le romanesque y est à son com...

Emile Zola - La bête humaine

  Tout le monde déraille Parmi   les Rougon-Macquart les plus célèbres, lus à l’adolescence pour la plupart,  La bête humaine était probablement le tome que j’avais le plus hâte de découvrir. Malgré sa réputation, il m’a moins plu que L’assommoir , Germinal ou encore Le bonheur des dames et que d'autres beaucoup moins connus (je pense à La Terre  ou à  Pot-Bouille ). Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi car encore une fois, la proposition de Zola est forte et accrocheuse dans ce polar social noir, sorte de thriller autour du monde ferroviaire et de celui du crime et de la justice (deux projets d’écriture que l’écrivain aurait finalement décidé de fusionner pour faire tenir sa saga en vingt romans). Dans ce tome, on ne quitte pas une minute le milieu des cheminots et tout particulièrement la ligne de chemin de fer Paris St Lazare-Le Havre. L’intrigue se déroule à l’intérieur ou autour des deux gares, ou le plus souvent le long des rails entre les deux. Le...

Le clan des sept à la grange aux loups (Enid Blyton)

Bibliothèque rose Notre dernière maison de location m’a mis en présence du roman pour enfants « Le clan des Sept à la grange aux loups ». Ni une ni deux, je me suis replongé dans mes sensations d’enfance avec les aventures de 4 garçons, 3 filles et 1 chien. Ca fait 8 protagonistes mais le chien Moustique n'est pas membre du clan, contrairement à Dagobert, membre éminent du "Club des cinq", série beaucoup plus connue et plus mature que les enfants lisaient après celle-ci. Les Sept sont bien élevés et ont bon cœur, ils battent pourtant la campagne pour dénicher des aventures palpitantes quitte à se confronter à des malfaiteurs. J’ai trouvé ça bien ficelé. C’est écrit avec simplicité et avec le charme de la désuétude dans le ton et le vocabulaire puisque la série de 15 volumes a été écrite par Enid Blyton autour des années 50. Des versions remaniées sont probablement sorties pour la jeunesse actuelle car dans ce roman-ci par exemple, les aventures sur le terrain, face au dan...